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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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DE TELEMAQUE. Liv. XX. 347playe que l'autre avoit faite au fond de mon cœur. Je ne vous ver-rai plus ? Qui fermera mes yeux ? Qui recueillera mes cendres ? Ccher Pisistrate! tu es mort comme ton frère en homme de coura-ge; il n'y a que moi qui ne puis mourir.En di$ant ces paroles il voulut $e percer lui-même d'un dard qu'iltenoit : mais on arrêta sa main, & on lui arracha le corps de sonfils. Et comme cet infortuné vieillard tomboit en défaillance, onle porta dans sa tente, ayant un peu repris ses forces il vou-lut retourner au combat, mais on le retint malgré lui.Cependant Adraste & Philoctéte se cherchoient ; leurs yeux é-toient étincelans comme ceux d'un lion & d'un léopard, qui cherchent à se déchirer l'un l'autre dans les campagnes qu'arrose le Caysetre. Les menaces, la fureur guerriére, & la cruelle vengeance é-clatent dans leurs yeux farouches. Ils portent une mort certaine partout ils lancent leurs traits. Tous les combattans les regardentavec effroi. Déja ils se voyent l'un l'autre, & Philoctéte tient enmain une de ces flèches terribles qui n'ont jamais manqué leur coupdans ses mains, & dont les blessures sont irremédiables. Mais Marsqui favorisoit le cruel & intrépide Adraste, ne put souffrir qu'ilperit si-tôt; il vouloit par lui prolonger les horreurs de la guerre,multiplier le carnage. Adraste étoit encore du à la justice desDieux pour punir les hommes & pour verser leur sangDans le moment Philoctéte veut l'attaquer, il est blessé lui-même par un coup de lance que lui donne Amphimaque jeune Lu-canien, plus beau que le fameux Niree, dont la beauté ne cédoitqu'à celle d'Achille parmi tous les Grecs qui combattirent au siègede Troye. A peine Philoctéte eut reçu le coup, qu'il tira la flé-che contre Amphimaque, elle lui perça le cœur. Aussitôt ses beauxyeux noirs s'éteignirent, & furent couverts des ténébres de la mort.Sa bouche plus vermeille que les roses, dont l'Aurore naissante sé-me l'horison, se flêtrit; une pâleur affreuse ternit ses jouës. Cevisage si tendre & si délicat tout à coup se défigura. Philoctéte lui-même en eut pitié. Tous les combattans gémirent en voyant cejeune homme tomber dans son sang, il se rouloit, & ses che-veuxXX2