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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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DE TELEMAQUE. Liv. XX. 343Périandre Locrien couvert d'une peau de lion qu'il avoit tué dansla Cilicie, pendant qu'il y avoit voyagé. Il étoit armé commeHercule d'une massuë énorme; sa force & sa taille le rendoient sem-blable aux Géants. Dès qu'il vit Télémaque, il méprisa sa jeunesse, & la beauté de son visage. C'est bien à toi, dit-il, jeuneefféminé, à nous disputer la gloire des combats. Va, enfant, vaparmi les ombres chercher ton pére. En disant ces paroles, il levasa massuë noueuse, pesante, armée de pointes de fer ; elle paroîtcomme un mât de navire, chacun craint le coup de sa chute; ellemenace la tête du fils d'Ulysse, mais il se détourne du coup, &se lance sur Périandre avec la rapidité d'un aigle qui fend les airs.La massuë en tombant brise la rouë d'un char auprès de celui deTélémaque. Cependant le jeune Grec perce d'un trait Périandre àla gorge; le sang qui coule à gros bouillons de sa large playe étouf-fe sa voix ; ses chevaux fougueux ne sentant plus sa main défaillan-te, & les renes flotantes sur leur cou, l'emportent çà & : il tom-be de dessus son char, les yeux fermez à la lumiére, & la pâlemort étant déja peinte sur son visage défiguré. Telémaque eut pitié de lui, il donna aussitôt son corps à ses domestiques, & gardacomme une marque de sa victoire la peau du lion avec sa massuë.Ensuite il cherche Adraste dans la mêlée : mais en le cherchantil précipite dans les enfers une foule de combattans. Hilée qui avoitattelé a son char deux coursiers, semblables à ceux du Soleil, &nourris dans les vastes prairies qu'arrose l'Aufide. Démoléon, quidans la Sicile avoit autrefois presque égalé Erix dans les combats duGeste. Crantor qui avoit été hote & ami d'Hercule, lorsque cefils de Jupiter, passant par l'Hespérie, y ôta la vie à l'infame Cacus. Menécrate qui ressembloit, disoit-on, à Pollux dans la lutte.Hippocon Salapien qui imitoit l'adresse & la bonne grace de Cas-tor pour mener un cheval. Le fameux chasseur Euriméde toujoursteint du sang des ours & des sangliers qu'il tuoit dans les sommetscouverts de neiges du froid Appennin; qui avoit été, disoit-on, sicher à Diane, qu'elle lui avoit appris elle-même à tirer des fléches.Nicostrate vainqueur d'un Géant, qui vomissoit le feu dans les ro-chers