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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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274 LES AVANTURESmaque avec Phalante & Hippias. On craignoit à toute heure queles troupes des Tarentins n'attaquaſſent les cent jeunes Crétois quiavoient suivi Télémaque dans cette guerre : tout étoit dans le trouble par la faute du seul Télémaque ; & Télémaque qui voyait tantde maux présens & de pécils pour l'avenir, dont il étoit l'auteur,s'abandonnoit à une douleur amére. Tous les Princes étoient dansun extrême embarras. Ils n'osoient faire marcher l'armée, de peurque dans la marche les Crétois de Télémaque, & les Tarentins dePhalante ne combatissent les uns contre les autres. On avoit biende la peine à les retenir au-dedans du camp ils étoient gardez deprès. Nestor & Philoctéte alloient & revenoient sans cesse de latente de Telémaque à celle de l'implacable Phalante, qui ne respi-roit que la vengeance. La douce éloquence de Nestor, & l'auto-rité du grand Philoctéte, ne pouvoient modérer ce cœur farouche,qui étoit encore sans cesse irrité par les discours pleins de rage deson frére Hippias. Télémaque étoit bien plus doux, mais il étoitabattu par une douleur que rien ne pouvoit con$oler.Pendant que les Princes étoient dans cette agitation, toutes lestroupes étoient consternées : tout le camp paroissoit comme unemaison désolée qui vient de perdre un pére de famille, l'appui detous ses proches, & la douce espérance de ses petits enfans.Dans ce désordre & cette consternation de l'armée, on entendtout-à-coup un bruit effroyable de charicts, d'armes, de henissemens de chevaux, de cris d'hommes, les uns vainqueurs & ani-mez au carnage, les autres, ou fuyans, ou mourans, ou ble$$ezUn tourbillon de poussiére forme un épais nuage qui couvre le Ciel& qui enveloppe tout le camp. Bientôt à la poussiére se joint unefumée épaisse qui troubloit l'air, & qui ôtoit la respiration. Onentendait un bruit sourd semblable à celui des tourbillons de flameque le Mont-Etna vomit du fond de ses entrailles embrasées, lors-que Vulcain avec ses Cyclopes y forge des foudres pour le Pére desDieux. L'épouvante saisit les cœurs.Adra$te vigilant & infatigable avoit $urpris les alliez ; il leur a-voit caché sa marche, & il étoit instruit de la leur. Il avoit faitune