264 LES AVANTURES, &c.Après avoir entendu ces paroles, je m'écriai : O heureux jour!douce lumiére, tu te montres enfin après tant d'années. Je t'o-béis, je pars après avoir salué ces lieux. Adieu, cher antre. A-dieu, Nymphe de ces prez humides; je n'entendrai plus le bruitsourd des vagues de cette mer. Adieu, rivage, où tant de fois j'aisouffert les injures de l'air. Adieu, promontoires, où echo répétatant de fois mes gémissemens. Adieu, douces fontaines, qui mefûtes si améres. Adieu, ô terre de Lemnos! laisse-moi partir heu-reusement, puisque je vais où m'appelle la volonté des Dieux &mes amis.Ainsi nous partîmes, nous arrivâmes au siège de Troye. Ma-chaon & Podalire par la divine science de leur pére Esculape meguérirent, ou du moins me mirent dans l'état où vous me voyez.Je ne souffre plus; j'ai retrouvé toute ma vigueur: mais je suis unpeu boiteux. Je fis tomber Paris comme un timide faon de bichequ'un chasseur perce de ses traits. Bientôt Ilion fut réduit en cen-dre ; vous savez le reste. J'avois néanmoins encore je ne sai quelleaversion pour le sage Ulysse, par le souvenir de mes maux; & savertu ne pouvoit appaiser ce ressentiment : mais la vuë d'un fils quilui ressemble, & que je ne puis m'empêcher d'aimer, m'attendritle cœur pour le pére même.Fin du quinziéme LivreSOM-
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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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264
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