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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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254 LES AVANTURESParis, qui avoit enlevé Hélène, & de renverser l'Empire de Priam.L'Oracle d'Apollon leur fit entendre qu'ils ne devoient point espé-rer de finir heureusement cette guerre, à moins qu'ils n'eussent lesfléches d'Hercule.Ulysse votre pére, qui étoit toujours le plus éclairé & le plusindustrieux dans tous les conseils, se chargea de me persuader d'al-ler avec eux au siège de Troye, & d'y apporter les flèches qu'ilcroyoit que j'avois. Il y avoit déja long-tems qu'Hercule ne parois-soit plus sur la terre. On n'entendoit plus parler d'aucun nouvelexploit de ce Héros : les monstres & les scélérats recommençoientà paroître impunément ; les Grecs ne savoient que croire de luiles uns disoient qu'il étoit mort ; d'autres soutenoient qu'il étoit al-le jusques sous l'Ourse glacée dompter les Scythes: mais Ulysse sou-tint qu'il étoit mort, & entreprit de me le faire avouër. Il me vinttrouver dans un tems je ne pouvois encore me consoler d'avoirperdu le grand Alcide : il eut une peine extrême à m'aborder ; carje ne pouvois plus voir les hommes ; je ne pouvois souffrir qu'onm'arrachât de ces déserts du Mont Oeta, ou j'avois vu périr monami ; je ne songeois qu'à me repeindre l'image de ce Héros, &qu'à pleurer à la vuë de ces tristes lieux : mais la douce & puis-sante persuasion étoit sur les lèvres de votre pére ; il parut presqueaussi affligé que moi : il versa des larmes ; il sut gagner insensiblement mon cœur & attirer ma confiance; il m'attendrit pour lesRois Grecs qui alloient combattre pour une juste cause, & qui nepouvoient réussir sans moi; il ne put néanmoins m'arracher le se-cret de la mort d'Hercule, que j'avois juré de ne dire jamaismais il ne doutoit plus qu'il ne fut mort, et il me pressoit de luidécouvrir le lieu ou j'avois caché ses cendres.Hélas ! j'eus horreur de faire un parjure, en lui disant un secretque j'avois promis aux Dieux de ne dire jamais ; j'eus la foiblessed'éluder mon serment, n'osant le violer ; les Dieux m'en ont punije frappai du pied la terre à l'endroit j'avois mis les cendresd'Hercule ; ensuite j'allai joindre les Rois liguez, qui me reçurentavec la même joie qu'ils auroient reçu Hercule même. Comme jepas-