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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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206 LES AVANTURESadmettre que de jeunes gens d'un génie qui promette beaucoup,& qui tende à la perfection. Les autres qui sont nez pour les Artsmoins nobles, seront employez fort utilement aux besoins ordinai-res de la République. Il ne faut employer les Sculpteurs & les Pein-tres que pour conserver la mémoire des grands hommes & des gran-des actions. C'est dans les bâtimens publics ou dans les tombeauxqu'on doit conserver des représentations de tout ce qui a été fait a-vec une vertu extraordinaire pour le service de la patrie. Au restela modération & la frugalite de Mentor n'empêchérent point qu'iln'autori$ât tous ces grands bâtimens de$tinez aux cour$es des chevaux& des charicts, aux combats de Luteurs, à ceux du Ceste, & àtous les autres exercices qui cultivent les corps pour les rendre plusadroits & plus vigoureux.Il retrancha un nombre prodigieux de Marchands qui vendoientdes étofes façonnées des pays éloignez, des broderies d'un prix excessif, des vases d'or & d'argent avec des figures de Dieux, d'hom-mes & d'animaux ; enfin des liqueurs & des parfums. Il voulutmême que les meubles de chaque maison fussent simples, & faitsde maniére à durer long-tems. Ensorte que les Salentins qui seplaignoient hautement de leur pauvreté, commencérent à sentircombien ils avoient de richesses superfluës. Mais c'étoit des riches-ses trompeuses qui les appauvrissoient, & ils devenoient effective-ment riches, à mesure qu'ils avoient le courage de s'en dépouiller.C'est s'enrichir, disoient-ils eux-mêmes, que de mépriser de tellesrichesses qui épuisent l'Etat, & que de diminuer ses besoins en lesréduisant aux vrayes nécessitez de la nature.Mentor se hâta de visiter les Arcenaux, & tous les Magasins,pour savoir si les armes & toutes les autres choses nécessaires à laguerre étoient en bon état. Car il faut, disoit-il, être toujoursprêt à faire la guerre pour n'être jamais réduit au malheur de lafaire. Il trouva que plusieurs choses manquoient par tout. Aussi-tôt on assembla des ouvriers pour travailler sur le fer, sur l'acier,& sur l'airain. On voyoit s'élever des fournaises ardentes & destourbillons de fumée & des flames semblables à ces feux souterrainsque