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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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202 LES AVANTURESmême risquer que la moitié du leur. De plus ils faisoient en so-ciété les entreprises qu'ils ne pouvoient faire seuls ; & la police deces sociétez étoit inviolable par la rigueur des peines imposées à ceuxqui ne les suivroient pas. D'ailleurs la liberté du commerce étoitentiére. Bien loin de le gêner par des impôts, on promettoit unerécompense à tous les Marchands qui pourroient attirer à Salente lecommerce de quelque nouvelle Nation.Ainsi les peuples y accoururent bientôt en foule de toutes parts ;le commerce de cette ville étoit semblable au flux & reflux de lamer. Les trésors y entroient comme les flots viennent l'un sur l'au-tre. Tout y étoit apporté & en sortoit librement : tout ce quientroit, étoit utile; tout ce qui en sortoit, laissait en sortant d'au-tres richesses en sa place. La justice sévére présidoit dans le port aumilieu de tant de Nations. La franchise, la bonne foi, la candeursembloient du haut de ces superbes tours appeller les Marchandsdes terres les plus éloignées : chacun de ces Marchands, soit qu'ilvînt des rives Orientales le Soleil sort chaque jour du sein desondes, soit qu'il fut parti de cette grande mer le Soleil lassede son cours va éteindre ses feux, vivoit paisible & en sureté dansSalente comme dans sa patrie.Pour le dedans de la ville, Mentor vi$ita tous les maga$instoutes les boutiques d'Artisans & toutes les places publiques. Il dé-fendit toutes les marchandises des pays étrangers qui pouvoient introduire le luxe & la molesse. Il régla les habits, la nourriture,les meubles, les grandeurs, & l'ornement des maisons pour tou-tes les conditions différentes ; il bannit tous les ornemens d'or &d'argent; & il dit à ldoménée : Je ne connois qu'un seul moyenpour rendre votre peuple modeste dans sa dépense, c'est que vouslui en donniez vous-même l'exemple. Il est nécessaire que vousayez une certaine majesté dans votre extérieur ; mais votre autori-te sera assez marquée par vos Gardes, & par les principaux Offi-ciers qui vous environnent. Contentez-vous d'un habit de laine trèsfine teinte en pourpre ; que les principaux de l'Etat après voussoient vêtus de la même laine ; & que toute la différence ne con-siste