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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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DE TELEMAQUE. Liv. XII. 201campagne les Rois alliez qui s'éloignoient des murs de la Ville. Enfin ils se séparérent, après s'être donné de part & d'autre les mar-ques d'une vraye amitié ; & les Alliez ne doutérent plus que lapaix ne fut durable, lorsqu'ils connurent la bonté du cœur d'Ido-ménée, qu'on leur avoit représenté bien différent de ce qu'il étoit;c'est qu'on jugeoit de lui, non par ses sentimens naturels, maispar les conseils flateurs & injustes auxquels il s'étoit livré.Après que l'armée fut partie, ldoménée mena Mentor dans tousles quartiers de la Ville. Voyons, disoit Mentor, combien vousavez d'hommes, & dans la ville & dans la campagne ; faisons-enle dénombrement. Examinons combien vous avez de Laboureursparmi ces hommes. Voyons combien vos terres portent dans lesannées médiocres de bled, de vin, d'huile, & des autres chosesutiles. Nous saurons par cette voie si la terre fournit dequoi nourrir tous ses habitans, & si elle produit encore dequoi faire un com-merce utile de son superflu avec les pays étrangers. Examinons aus-si combien vous avez de vaisseaux & de matelots : c'est par- qu'ilfaut juger de votre puissance. Il alla visiter le port, & entra danschaque vaisseau. Il s'informa du pays chaque vaisseau alloit fai-re le commerce ; quelles marchandises il portoit, celles qu'il pre-noit au retour; quelle étoit la dépense du vaisseau pendant la navi-gation; les prêts que les Marchands se faisoient les uns aux autresles sociétez qu'ils faisoient entre eux, pour savoir si elles étoient équi-tables & fidélement observées ; enfin les hazards du naufrage & lesautres malheurs du commerce, pour prévenir la ruïne des Mar-chands, qui par l'avidité du gain souvent entreprennent des chosesqui ſont au-delà de leurs forces.Il voulut qu'on punît sévérement toutes les banqueroutes, par-ce que celles qui sont exemtes de mauvaise foi ne le sont presquejamais de témerité. En même tems il fit des régles pour faire ensorte qu'il fut aisé de ne jamais faire banqueroute. Il établit des Ma-gistrats à qui les Marchands rendoient compte de leurs effets, deleurs profits, de leurs dépenses, & de leurs entreprises. Il ne leurétoit jamais permis de risquer le bien d'autrui, & ils ne pouvoientCc