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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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DE TELEMAQUE. Liv. XII. 19jours : il faut que ce soit la sagesse & la vertu, plutôt que la pré-sence de Mentor, qui vous inspirent ce que vous devez faire.En disant ces mots, la Déesse cachée sous la figure de Mentor,couvrit Télémaque de son Egide; elle répandit au-dedans de lui l'es-prit de sagesse & de prévoyance, la valeur intrépide & la doucemodération qui se trouvent si rarement ensemble. Allez, disoitMentor, au milieu des plus grands pécils toutes les fois qu'il serautile que vous y alliez. Un Prince se deshonore encore plus en é-vitant les dangers dans les combats, qu'en n'allant jamais à la guer-re. Il ne faut point que le courage de celui qui commande auxautres, puisse être douteux. S'il est nécessaire à un peuple de con-server son Chef ou son Roi, il lui est encore plus nécessaire de nele point voir dans une réputation douteuse sur la valeur. Souve-nez-vous que celui qui commande, doit être le modéle de tous lesautres ; son exemple doit animer toute l'armée. Ne craignez doncaucun danger, ô Télémaque, & périssez dans les combats, plu-tôt que de faire douter de votre courage. Les flateurs qui aurontle plus d'empressement pour vous empecher de vous exposer auril dans les occasions nécessaires, seront les prémiers à dire en secret que vous manquez de cœur, s'ils vous trouvent facile à arrê-ter dans ces occasions : mais aussi n'allez pas chercher les périls sansutilité ; la valeur ne peut être une vertu, qu'autant qu'elle est ré-glée par la prudence : autrement c'est un mépris insensé de la vie,& une ardeur brutale ; la valeur emportée n'a rien de sur. Celuiqui ne se posséde point dans les dangers, est plutôt fougueux quebrave ; il a besoin d'être hors de lui pour se mettre au-dessus de lacrainte, parce qu'il ne peut la surmonter par la situation naturellede son cœur. En cet état, s'il ne fuit point, du moins il se trou-ble, il perd la liberté de son esprit qui lui seroit nécessaire pourdonner de bons ordres, pour profiter des occasions, pour renver-ser les ennemis, & pour servir sa Patrie. S'il a toute l'ardeur d'unSoldat, il n'a point le discernement d'un Capitaine : encore mêmen'a-t-il pas le vrai courage d'un simple Soldat ; car le Soldat doitconserver dans le combat la présence d'esprit & la modération né-Bb 2cessai-