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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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DE TELEMAQUE. Liv. XI. 185on se trouve auprès d'un Prince violent, qui ne connoît pointd'autre loi que son intérêt, & qui ne perd aucune occasion d'en-vahir les terres des autres Etats ? Ne croyez pas que je parle d'I-doménée : non, je n'ai plus de lui cette pensée ; c'est AdrasteRoi des Dauniens de qui nous avons tout a craindre. Il mépri-se les Dieux, & croit que tous les hommes qui sont nez surla terre ne sont nez que pour servir à sa gloire par leur servitu-de. Il ne veut point de Sujets dont il soit le Roi et le pére : ilveut des esclaves & des adorateurs. Il se fait rendre les hon-neurs divins. Jusqu'ici l'aveugle fortune a favorisé ses plus in-justes entreprises. Nous nous étions hâtez de venir attaquer Sa-lente pour nous défaire du plus foible de nos ennemis, qui necommençoit qu'à s'établir dans cette côte, afin de tourner ensuite nos armes contre cet autre ennemi plus puissant. Il a déjapris plusieurs Villes de nos Alliez. Ceux de Crotone ont perdu con-tre lui deux batailles. Il se sert de toutes sortes de moyens pourcontenter son ambition. La force & l'artifice, tout lui est egal,pourvu qu'il accable ses ennemis. Il a amassé de grands trésorsses troupes sont disciplinées & aguerries; ses Capitaines sont expé-rimentez ; il est bien servi ; il veille lui-même sans cesse sur tousceux qui agissent par ses ordres. Il punit sévérement les moindresfautes, & récompense avec libéralite les services qu'on lui rend.Sa valeur soutient & anime celle de toutes ses troupes. Ce seroitun Roi accompli, si la justice & la bonne foi régloient sa condui-te : mais il ne craint ni les Dieux ni les reproches de sa conscien-ce : il compte même pour rien la réputation ; il la regarde com-me un vain fantôme qui ne doit arrêter que les esprits foibles.Il ne compte pour un bien solide & réel, que l'avantage de pos-séder de grandes richesses, d'être craint, & de fouler aux piedstout le genre humain. Bientôt son armée paroîtra sur nos terres& si l'union de tant de peuples ne nous met en état de lui résis-ter, toute l'espérance de liberté nous sera ôtée. C'est l'intérêt d'I-doménée aussi-bien que le nôtre, de s'opposer à ce voisin qui nepeut souffrir rien de libre dans son voisinage. Si nous étions vain-cus,Aa