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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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184 LES AVANTURESsée sur la face de toute la terre. Tous les peuples sont fréres, &doivent s'aimer comme tels. Malheur à ces impies qui cherchentune gloire cruelle dans le $ang de leurs frères, qui e$t leur propresang. La guerre est quelquefois nécessaire, il est vrai : mais c'estla honte du genre humain qu'elle soit inévitable en certaines occa-sions. O Rois! ne dites point qu'on doit la désirer pour acqué-rir de la gloire. La vraye gloire ne se trouve point hors de l'huma-nité. Quiconque préfére sa propre gloire aux sentimens de l'huma-nité, est un monstre d'orgueil & non pas un homme : il ne par-viendra même qu'à une fausse gloire ; car la vraye gloire ne se trou-ve que dans la modération & dans la bonté. On pourra le flaterpour contenter sa vanité folle; mais on dira toujours de lui en secret, quand on voudra parler sincérement : Il a d'autant moinsmérité la gloire, qu'il l'a désirée avec une passion injuste. Leshommes ne doivent point l'estimer, puisqu'il a si peu estimé leshommes, & qu'il a prodigué leur sang par une brutale vanité.Heureux le Roi qui aime son peuple, qui en est aimé, qui seconfie en ses voisins, & qui a leur confiance; qui loin de leur fairela guerre, les empêche de l'avoir entre eux, & qui fait envier àtoutes les Nations étrangéres le bonheur qu'ont ses Sujets de l'avoirpour Roi! Songez donc à vous rassembler de tems en tems, ôvous qui gouvernez les plus puissantes Villes de l'Hespérie. Faitesde trois ans en trois ans une assemblée générale, tous les Roisqui sont ici présens se trouvent pour renouveller l'alliance par unnouveau serment, pour affermir l'amitié promise, & pour délibérer sur tous les intérêts communs. Tandis que vous serez unis,vous aurez au-dedans de ce beau pays la paix, la gloire, et l'a-bondance : au-dehors vous serez toujours invincibles. Il n'y a quela Discorde sortie de l'Enfer pour tourmenter les hommes, qui puis-se troubler la félicité que les Dieux vous préparent.Nestor lui répondit : Vous voyez par la facilité avec laquellenous faisons la paix, combien nous sommes éloignez de vouloirfaire la guerre par une vaine gloire, ou par l'injuste avidité de nousagrandir au prejudice de nos voisins. Mais que peut-on faire quand