DE TELEMAQUE. Liv. IV. 67lée laissoient loin derriére eux un vaste sillon dans la mer. Leursyeux étoient enflamez, & leurs bouches écumantes. Le char dela Déesse étoit une conque d'une merveilleuse figure; elle étoit d'une blancheur plus éclatante que l'yvoire, & les rouës étoient d'or.Ce char $embloit voler $ur la face des eaux pai$ibles. Une troupe deNymphes couronnées de fleurs nageoient en foule derriére le charleurs beaux cheveux pendoient sur seurs épaules, & flotoient au grédu vent. La Déesse tenoit d'une main un $ceptre d'or pour com-mander aux vagues, de l'autre elle portoit sur ses genoux le petitDieu Palémon son fils pendant à sa mamelle. Elle avoit un visagesérein & une douce majesté qui faisoit fuïr les vents séditieux & toutes les noires tempêtes. Les Tritons conduisoient les chevaux & te-noient les rênes dorées. Une grande voile de pourpre flotoit dansl'air au-dessus du char; elle étoit à demi enflée par le soufle d'unemultitude de petits Zéphirs qui s'efforçoient de la pousser par leurshaleines. On voyoit au milieu des airs Eole empressé, inquiet, &ardent. Son visage ridé & chagrin, sa voix ménaçante, ses sourcilsépais & pendans; ses yeux pleins d'un feu sombre & austére tenoienten silence les fiers Aquilons, & repoussoient tous les nuages. Lesimmenses baleines & tous les monstres marins faisant avec leurs na-rines un flux & reflux de l'onde amére, sortoient à la hâte de leursgrotes profondes pour voir la DéesseFin du quatriéme Livre.AI.V.D.B.I 2SOM-
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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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