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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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54 LES AVANTURESdorées de l'Orient, & que les chevaux du Soleil $ortans de l'ondeamére répandront les flames du jour, pour chasser devant eux tou-tes les étoiles du Ciel, nous reprendrons, mon cher Télémaque,l'histoire de vos malheurs. Jamais votre pére n'a égalé votre sa-gesse & votre courage. Ni Achille, vainqueur d'Hector; ni Thésee, revenu des Enfers ; ni même le grand Alcide, qui a purgéla terre de tant de monstres, n'ont fait voir autant de force & devertu que vous. Je souhaite qu'un profond sommeil vous rendecette nuit courte. Mais hélas ! qu'elle sera longue pour moi !Qu'il me tardera de vous revoir, de vous entendre, de vous faireredire ce que je sais déja, & de vous demander ce que je ne sais pasencore ! Allez, mon cher Telémaque, avec le sage Mentor queles Dieux vous ont rendu. Allez dans cette grote écartée, toutest préparé pour votre repos. Je prie Morphee de répandre ses plusdoux charmes $ur vos paupières appesanties, de faire couler unevapeur divine dans tous vos membres fatiguez, & de vous envoyer des songes legers, qui voltigeant autour de vous, flatentvos sens par les images les plus riantes, & repoussent loin de voustout ce qui pourroit vous reveiller trop promptement.La Deesse conduisit elle-même Télémaque dans cette grote sépa-rée de la sienne. Elle n'étoit ni moins rustique, ni moins agréa-ble. Une fontaine, qui couloit dans un coin, y faisoit un doux mur-mure qui appelloit le Sommeil. Les Nymphes y avoient préparédeux lits d'une molle verdure, sur lesquels elles avoient étendu deuxgrandes peaux, l'une de lion pour Télémaque, & l'autre d'ourspour Mentor.Avant que de laisser fermer ses yeux au sommeil, Mentor parlaainsi à Telémaque : Le plaisir de raconter vos histoires vous a en-traîné ; vous avez charmé la Déesse en lui expliquant les dangersdont votre courage & votre industrie vous ont tiré; par vous n'a-vez fait qu'enfamer davantage son cœur, & que vous préparer uneplus dangereuse captivité. Comment espérez-vous qu'elle vous lais-se maintenant sortir de son Isle, vous qui l'avez enchantée par lerécit de vos avantures ? L'amour d'une vaine gloire vous a fait par-ler