Druckschrift 
Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
Seite
51
Einzelbild herunterladen
 

DE TELEMAQUE. Liv. III. 51sévére m'attache à cette malheureuse patrie; il faut souffrir avec el-le : peut-être faudra-t-il être enséveli dans ses ruïnes : n'importepourvu que je dise toujours la vérité, & que mon cœur n'aimeque la justice. Pour vous, ô mon cher Télémaque, je prie lesDieux qui vous conduisent comme par la main, de vous accorderle plus précieux de tous les dons, qui est la vertu pure & sans ta-che, jusqu'à la mort. Vivez, retournez en Ithaque, consolez Pé-nélope, délivrez-la de ses téméraires Amans ; que vos yeux puissentvoir, que vos mains puissent embrasser le sage Ulysse, & qu'iltrouve en vous un fils égal à sa sagesse. Mais dans votre bonheursouvenez-vous du malheureux Narbal, & ne cessez jamais de m'ai-mer.Quand il eut achevé ces paroles, je l'arro$ai de mes larmes $anslui répondre. De profonds soupirs m'empêchoient de parler. Nousnous embrassions en silence. Il me mena jusqu'au vaisseau ; il de-meura sur le rivage, & quand le vaisseau fut parti, nous ne ces-sions de nous regarder, tandis que nous pûmes nous voirFin du troisiéme Livre.SOM-G 2