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Les avantures [aventures] de Télémaque, fils d'Ulysse
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26 LES AVANTURESfoudres troubloit le Ciel dans les plus beaux jours, voulut s'en ven-ger sur les Cyclopes qui forgeoient les foudres, & il les perça deses flèches. Aussi-tôt le Mont Etna cessa de vomir des tourbillonsde flames ; on n'entendit plus les coups des terribles marteaux quifrappant l'enclume, faisoient gémir les profondes cavernes de la ter-re, & les abîmes de la mer. Le fer & l'airain n'étant plus polis parles Cyclopes, commençoient à se rouiller. Vulcain furieux sort desa fournaise ; quoique boiteux, il monte en diligence vers l'Olym-pe ; il arrive suant & couvert de poussiére dans l'Assemblée desDieux ; il fait des plaintes améres. Jupiter s'irrite contre Apollon,le chasse du Ciel, & le précipite sur la terre. Son char vuide fai-soit de lui-même son cours ordinaire, pour donner aux hommes lesjours & les nuits avec le changement régulier des saisons. Apollondépouillé de tous ses rayons, fut contraint de se faire Berger, &de garder les troupeaux du Roi Adméte. Il jouoit de la flute, &tous les autres Bergers venoient à l'ombre des ormeaux sur le bordd'une claire fontaine écouter ses chansons. Jusques- ils avoient me- une vie sauvage & brutale ; ils ne savoient que conduire leursbrebis, les tondre, traire leur lait, & faire des fromages : toute la campagne étoit comme un$ert affreux.Bientôt Apollon montra à tous les Bergers les Arts qui peuventrendre leur vie agréable. Il chantait les fleurs dont le Printems secouronne, les parfums qu'il répand, & la verdure qui naît sous sespas : puis il chantait les délicieuses nuits de l'Eté, les Zéphirsrafraîchissent les hommes, & la rosée désaltére la terre. Il mêloitaussi dans ses chansons les fruits dorez dont l'Automne récompenseles travaux des Laboureurs, & le repos de l'Hyver, pendant lequella jeunesse folâtre danse auprès du feu. Enfin il représentait les fo-rêts sombres qui couvrent les montagnes & les creux vallons, lesriviéres par mille détours, semblent se jouër au milieu des riantesprairies. Il apprit ainsi aux Bergers quels sont les charmes de la viechampêtre, quand on fait goûter ce que la simple nature a de gra-cieux. Bientot les Bergers avec leurs flutes se virent plus heureuxque les Rois, & leurs cabanes attiroient en foule les plaisirs parsqui