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Texte (1867)
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LES PROMENADES DE PARIS.

existait d'autres, trop importantes pour exposer les ouvriers à continuer les ouvrages, au moyen des épuise-ments. Pour rechercher la position des fuites, on jeta, dans la colonne, de la poussière de charbon, quiaveugla ces fuites pendant quelque temps, et permit de reconnaître que les principales pertes étaient à unefaible profondeur (à 31 mètres en contre-bas du sol). Dans le double but de supprimer provisoirementles fuites, et de protéger Ja vie des ouvriers contre des irruptions soudaines d'eau, on coula dans l'intérieurdu cuvelage une colonne en tôle de 86 mètres de longueur, sur 0 m ,72 de diamètre intérieur, dont l'extrémitéfut tamponnée contre le cuvelage, de manière à empêcher les eaux de passer par la partie annulaire, compriseentre les deux tubes. Cette opération rendit au puits un débit de 7 m ,500 mc - par vingt-quatre heures. On con-tinua alors les déblais, et on parvint, après de grandes difficultés, jusqu'à la base du faux puits, contre lesgalets calcaires, à 58 m ,50 de profondeur. Arrivés à ce point, les hommes ne pouvaient plus travailler entreles deux tubes; l'espace étant trop étroit. Cependant on ne pouvait s'arrêter dans cet endroit, perméable auxeaux. On prit le parti de laisser remonter l'eau dans le puits, et l'on fora extérieurement dans la craie, autourde la colonne, une série de petits trous de 0 m ,30 de diamètre, que l'on transforma en un forage annulaire,en détruisant les parties intermédiaires. On est ainsi parvenu à enfoncer le dernier tube intérieur jusqu'àla cote 60 m ,40; c'est-à-dire qu'on est entré dans la craie sur une profondeur de l m ,90, et dans un bancparfaitement homogène.

Afin de se prémunir contre la possibilité de nouvelles fuites, on a comblé tout le faux puits, en arrièredu tube intérieur, avec du ciment de Portland, jusqu'au niveau du calcaire grossier; puis, on a exécuté unanneau de ciment, avec du béton en arrière, dans la partie supérieure du faux puits. Le cuvelage s'est trouvéainsi enveloppé d'une masse monolithe parfaitement compacte, dans toute la partie du puits perméable,jusqu'au niveau du sol.

Pendant que ces derniers travaux étaient exécutés à l'extérieur du tube, on sondait à l'intérieur, pourreconnaître l'état du fond du puits. On a constaté que le sable s'élait élevé jusqu'à la cote 572 m ,50,c'est-à-dire qu'il obstruait la colonne sur 14 mètres de hauteur. On a dragué ces sables, et le débit aaugmenté au fur et à mesure que l'engorgement diminuait. Il est arrivé à 14,000 mètres cubes par vingt-quatreheures au niveau du sol, avec une hauteur de sable de 6 m ,60. Pendant ces diverses opérations, la base de lacolonne de prise d'eau s'est abaissée de 2 m ,86. Elle est actuellement à la cote 582 m ,86. Cette colonne traverseainsi la première couche de sable comprise entre les cotes 577 mètres et 579"',00, et pénètre de 3 m ,26 dansl'argile qui s'étend de 579 m ,60 à 580 mètres, entre les deux nappes jaillissantes.

Les expériences faites pour constater les débits du puits, à différents niveaux, ayant démontré quele débit diminuait très-rapidement, dès que les eaux s'élèvent au-dessus du sol, l'Administration muni-cipale s'est décidée à n'élever les eaux jaillissantes qu'à la cote 58 mètres au-dessus du niveau de la mer;cote qui suffit pour les amener dans les lacs du bois de Boulogne.

Les eaux sont dirigées par un tube coudé, qui coiffe la partie supérieure du cuvelage, jusqu'au centred'un bassin établi au milieu d'une contre-allée, plantée et garnie de fleurs, qui est tracée entre les avenuesd'Eylau et de l'Empereur. Elles émergent d'un rocher placé au centre du bassin; et des conduites partantde ce bassin les portent dans les lacs du bois de Boulogne 1 .

Le débit des eaux, à la cote 58 mètres au-dessus du niveau de la mer, varie de 9 à 10,000 mètrescubes par vingt-quatre heures. Les eaux sont plus ou moins chargées de sable. Elles n'en contiennent jamais,cependant, en quantité suffisante pour obstruer les conduites de distribution; et le puits de Passy alimenteaujourd'hui, très-régulièrement, Jes deux grands lacs du bois de Boulogne.

1. Voir la gravure sur acier : square du fuits artésien de Passy. (Coupe géologique et Coupe du puits.)

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