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LES PROMENADES DE PARIS.

CHAPITRE IX

PUITS ARTÉSIEN POUR L'ALIMENTATION DU BOIS DE BOULOGNE

Puits de G-renelle. Le puits artésien de Passy, ainsi qu'il a déjà été dit au Chapitrepremier de cet ouvrage, a été creusé dans le but de fournir, à un niveau convenable, l'eau nécessaire àL'alimentation des lacs du bois de Boulogne et à l'arrosage des parties hautes de cette promenade 1 .

Il n'existait encore à Paris, lorsque l'exécution du puits de Passy fut décidée, qu'un seul puitsartésien, celui de Grenelle. Ce puits avait été entrepris le 24 décembre 1833; et l'eau ne commença à jaillirque le 26 juillet 1841. Le forage était descendu alors à la profondeur de 548 mètres, jusqu'à une couched'argile sablonneuse surmontant celle des grès verts.

Le mode de forage appliqué au puits de Grenelle consistait dans l'emploi de sondes ordinaires, servantà aléser un trou, dans lequel on descendait successivement des jeux de tubes de retenue en tôle, diminuantsuccessivement de diamètre. Comme toujours, dans les ouvrages de cette nature, les accidents ont été très-graves et très-nombreux. Ils commencèrent à une profondeur de 115 mètres, le 18 juin 1834. Mais les acci-dents les plus sérieux se produisirent en 1837 et 1838, entre 400 et 500 mètres de profondeur, dans lesargiles inférieures à la craie.

Le puits, au moment du premier jaillissement des eaux, a donné un débit de 3,000 mètres cubesenviron par vingt-quatre heures; débit mesuré au niveau du sol. Les eaux arrivaient complètement impures,à cause de l'énorme quantité de sable qu'elles entraînaient.

Après un essai infructueux de tubage définitif en cuivre, on fit descendre un tube en tôle ayant5 millimètres d'épaisseur, et un diamètre variant de 15 à 25 centimètres. Mais ce tube s'aplatit, et déviaavant d'atteindre la couche aquifère; et l'ascension des eaux fut arrêtée par l'obstacle résultant de l'apla-tissement du tube.

On pensa alors qu'il convenait d'élever les eaux à 33 mètres au-dessus du sol, pour diminuer leurvitesse, pour empêcher le soulèvement des sables et pour éviter les excavations qui paraissaient être la causedes accidents arrivés à la base du puits. La partie coudée et aplatie du tube fut forée au moyen d'unesonde, qui perça le trou par lequel l'eau s'élève aujourd'hui.

L'eau devint claire, mais le débit diminua notablement.

Les travaux de réparation ne furent terminés que le 20 juillet 1852. A cette époque, le débit se régu-larisa. Il s'est élevé successivement de 720 mètres cubes à 950 mètres par vingt-quatre heures. Il est devenustalionnaire à ce dernier chiffre, depuis 1856.

1. Voir les deux gravures sur acier : square du puits artésien de Passy. Atelier de Fouace du Puits artésien.