LE BOIS DE BOULOGNE.
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La dépense occasionnée par le procédé de M. Cousté s'accroît en proportion de la fréquentationdes routes. Les arrosages ordinaires sont presque indépendants de cette fréquentation. Mais l'emploi dusel présente cet avantage de laisser les chaussées sans boue ni poussière; résultat que l'on obtientdifficilement avec la lance, et même avec les tonnes. On éviterait d'ailleurs, par ce moyen, de projeterl'eau avec des tonnes ou avec les lances, procédés qui apportent toujours un obstacle à la circulation,et qui deviennent même complètement impraticables dans certaines circonstances. Enfin, lorsqu'il n'estpas nécessaire d'arroser les pelouses, comme au bois de Boulogne, on serait dispensé, par l'emploi dusel, d'établir des conduites de distribution d'eau, lesquelles ont coûté, pour l'arrosage du bois de Boulogneseulement, près d'un million.
Arrosage des pelouses. — La surface des pelouses qu'il faut arroser en eau de la Seine,dans le bois de Boulogne, est de 100 hectares environ. La quantité d'eau à employer varie naturellementsuivant la nature plus ou moins perméable du sol, mais elle peut être évaluée à une moyenne de 10 litres
Fig. 16. Arrosage des pelouses.Échelle de 0 m ,05 p. m.
par mètre carré, tous les trois jours. Une lance, d'après les données précédentes, suffit donc pour donnerpar heure, en tenant compte du temps perdu, l'eau nécessaire à l'arrosement de 300 mètres carrés deprairie. En supposant un arrosement de dix heures par jour, il faudrait, pour arroser le tiers de 100hectares, 110 lances; ce qui entraînerait à des dépenses considérables. Aussi, jusque dans ces dernierstemps, n'arrosait-on que les endroits les plus en vue, comme l'avenue de l'Impératrice, les îles et les bordsdes lacs. Mais, comme les pelouses n'exigent pas un arrosement aussi régulier que les routes, on s'estdécidé, depuis, à laisser couler librement les lances au milieu de ces nappes de verdure. (Fig. 16.) Leslances sont supportées par un chevalet, et on ne les change plus de place que par intervalles. Un hommepeut conduire 10 lances; ce qui réduit notablement la dépense de la main-d'œuvre. Ainsi, le matin, avantde nettoyer leurs routes, les cantonniers montent leurs manches. Ils les laissent couler ensuite pourarroser les gazons qui bordent les chaussées, et se bornent à déplacer le jet de temps en temps.
Depuis quelques années, les anciens tuyaux employés à l'arrosage des pelouses sont remplacés parun système de conduites articulées sur roulettes, dont voici la description. (Fig. 17.)
L'appareil se compose de tubes en tôle plombée, de 40 à 80 millimètres de diamètre suivant lalongueur de l'appareil, reliés entre eux par des tuyaux de cuir formant articulations, et fivés sur depetits essieux en fonte, munis de roulettes en bois, pour ne pas couper le gazon. A la place de la lance,qui termine les autres appareils destinés à l'arrosement des routes, on visse, à l'extrémité du dernier tube,une sorte de petit chapeau fermant hermétiquement l'orifice; puis on laisse échapper l'eau par destrous percés à des distances de 1 mètre à 2 mètres environ, sur les tuyaux. Ces trous sont faits avec un