TRACÉ DES JARDINS REGULIERS.
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une sorte de toilette, qui doit à peine être soupçonnée. La bonne répartition des branches, qui produit la beauté du végétal,doit paraître tout à fait naturelle. Dans quelques jardins, notamment en Angleterre, à Hampton-Court, on a essayé cetteméthode; et le résultat a démontré qu'elle est préférable à l'ancienne. Il en est de même pour les massifs d'arbustes, qu'il fautabandonner à leur pleine croissance. La nature, laissée libre, produit des sujets, dont l'aspect vigoureux récrée agréablementle regard. Qu'il soit utile, dans certains cas, de dénuder la partie inférieure du tronc d'un arbre, afin de démasquer la vue, nousle reconnaissons; mais couper systématiquement toutes les branches inférieures, est un procédé que rien ne justifie. L'art esttoujours soumis au raisonnement. L'abus qui a été fait de la taille, dans les jardins réguliers, ne doit pas être confondu avec
Échelle de 0 m ,C003 par Mèlre.Fig. 94*. Projet de Tracé d'un Jardin pittoresque (Parc de Montsouris).
le principe qui sert de guide pour ordonner la plantation. Cette façon de comprendre les règles, en soumettant la nature àla tyrannie du fer et du cordeau, est une erreur, un préjugé, qu'il convient d'abandonner S'il existe de nombreux jardins réguliersn'offrant que des formes étriquées, des plates-bandes monotones, des massifs uniformes, d'une symétrie ennuyeuse, il faut s'enprendre à ces méthodes irrationnelles; quand la cause ne tient pas à l'impuissance ou à l'ignorance du jardinier, qui, souvent,dénature peu à peu l'œuvre qui lui est confiée.
On appelle spécialement jardin la partie plantée auprès de l'habitation. En dehors d'une certaine limite, le jardin devientle parc. Ces parties extrêmes sont ordinairement boisées et d'un dessin plus simple. A mesure que l'on s'éloigne de l'habitation,on se rapproche de la nature libre et les transitions nécessaires doivent être ménagées avec un certain soin.
Le tracé des anciens parcs est formé d'allées droites ou circulaires, qui se croisent à des carrefours plus ou moins ornés.On y trouve habituellement des pavillons, des fontaines, des pyramides ou des obélisques. Les polygones, formés par les allées,contiennent des salles de verdure, des labyrinthes, des parterres; le tout disposé suivant des figures géométriques régulières, commecelles adoptées dans le jardin proprement dit. Ces compositions offrent souvent un aspect monotone; et les œuvres d'art,quelquefois considérables, qui sont destinées à les orner, ne leur font pas toujours perdre leur apparence assez triste (Fig. 86*,87*, 89*, 90* à 92*, exécutées d'après d'AuGiiNViLLE, Théorie et pratique du jardinage).
11 nous semble que, dans le parc proprement dit, le maintien des formes géométriques pourrait être le plus souvent abandonné.Il est bien de conserver de grandes avenues, rayonnant autour des parterres. Mais à quoi bon maintenir ce système, dans desparties couvertes où la vue ne peut beaucoup s'étendre, où l'on ne peut se rendre compte de la régularité du tracé, etoù, par conséquent, cette régularité n'a plus aucun charme? Qu'une allée courbe soit circulaire ou elliptique, cela importe peudans de telles conditions; mais ce qui est surtout condamnable, ce sont ces avenues brisées à l'angle d'un carré ou d'unoctogone ; ce sont ces combinaisons de rectangles et de cercles, formant des retours multipliés très-peu favorables à la