JARDINS IRRÉGULIERS.
XXXIII
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goût,guère.
Cependant l'esprit systématique, malgré la tradition rompue, cherchait encore à régir l'art nouveau, qui lui échappait. Onornait les jardins pittoresques, comme on avait orné les jardins réguliers, de salles de repos, de volières, de sallesde jeux et autres édicules qui les complétaient heureusement. Mais on ne tarda guère à abuser de ce moyen de décoration.Par ostentation, plus que par goût, ou multiplia les constructions. Le plus grand nombre, loin d'être utile, servit uniquementde point de vue. Toute allée eut ou un faux temple (Fig. 69*, 70*), ou un faux autel antique (Fig. 64*), jusqu'à des monumentsfunèbres (Fig. 68*). Mieux que cela encore, on imagina de fausses ruines (Fig. 65*, 67*). Les jardins romantiques étaient encombrésd'arcs écroulés, de colonnes tronquées ou abattues, de pyramides, d'obélisques brisés (Voir les Vues du Parc de Monceaux,Fig. 294, 295, 299), de pans de muraille recouverts d'inscriptions frustes. Toutes ces futilités étaient censées poétiser la nature.Quelle poésie! Ce n'était pas assez de la beauté des arbres, de l'éclat des fleurs, du murmure des eaux, on essaya de donner
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Fig. 63*. — Jardin de Stowe en Buckinghamshire, amélioré par Kent et Brown en 1738 environ.
1.
Maison d'habitation.
22.
Statue de lord Cohham.
2-
'-'. Jardins potagers.
23.
Temple de la poésie pastorale.
3.
Orangerie.
21.
Temple grec.
4.
Temple de Bacclius.
25.
Temple des Dames.
5.
Ermitage Saint-Augustin.
/ Grotte en silex, porcelaine et coquil-
G.
Statue de Dryade.
l lages, décorée de glaces et d'une
7.
Pavillons et grille.
20.
1 statue de Vénus.
8.
Pyramide.
Rotondes contenant des groupes d'en-
9.
Monument de la reine Caroline.
( fants.
IK.
Cascade.
27.
Bains froids.
11.
Temple de Vénus.
28.
Bivière des Aulnes.
12.
Rotonde.
29.
Pont de rocailles et cascades.
n.
Caverne de Didon.
30.
Temple des illustres Bretons.
14.
Colonne et statue du
roi George.
3t.
Église paroissiale.
15.
Théâtre de la Heine.
32.
Temple de l'ancienne Vertu.
10.
Grotte du Berger.
33.
Temple à. la moderne Vertu et arcade
17.
Entrée des Jardins.
d'Amélie.
18.
Temple do l'Amitié.
34.
Monument de Congrève.
19.
Pont de Pembrocke.
35.
Grotte en cailloux.
20.
Temple gothique.
36.
Statue de George 1 er .
21.
Hémicycle des sept divinités saxonnes.
37.
Salon de Kelson.
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au paysage, au moyen de combinaisons factices, tantôt une apparence mélancolique et désolée, tantôt un air de mystère ou unaspect bizarre. On inventa des contrastes, chers aux âmes sentimentales. Les jardins furent des espèces de poëmes divisés enchapitres, racontant quelque scène historique ou romanesque, quelque idylle galante. Les différentes constructions, en raisonde la série à laquelle elles appartenaient, donnèrent au jardin sa physionomie, son type, son caractère. Ils furent classés engenres, d'après le sujet adopté. Un paysage n'était beau qu'autant qu'il s'y mêlait quelque légende. On en admirait le ciel, lesarbres, le gazon; mais à la condition qu'ils semblassent raconter quelque histoire héroïque et louchante. La nature étaitcomme fardée d'une poésie précieuse et guindée. Elle était le décor; mais l'attrait principal s'attachait à la pierre, au bronze,au marbre, qui parlaient de l'homme. C'était le souvenir des ses souffrances, de ses hautes actions qui préoccupait l'esprit.On venait méditer dans les bocages; mais sous les grands rameaux sombres, entre les taillis, on voyait passer les ombesgracieuses ou imposantes des personnages du drame, dont cette verdure n'était que le théâtre. Hommes du monde et artistes