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INTRODUCTION,
d'éléments qui ne sont plus en harmonie avec l'ensemble, et qui souvent nuisent à l'effet qu'on veut réaliser. Il suffirait deciter les orangers en caisse que l'on a coutume d'aligner, pendant l'été, dans certains grands jardins. Autrefois on y ajoutaitencore des lauriers-roses, des myrtes, des grenadiers. Tout cela est d'un triste aspect, surtout si l'on songe aux formes
Fig. 55*. — Jardin du Château de Neuilly, dessiné par Carteau.
ridicules que les jardiniers donnent à ces malheureux arbres ambulants; et cependant ils reparaissent toujours, et semblentêtre un accessoire obligé des jardins français, qu'ils enlaidissent au lieu de les orner.
Fig. 56*. — Jardin du Comte de Penbrooke.
X. JARDINS IRRÉGULIERS OU AGRESTES DITS JARDINS ANGLAIS. — Il paraît, d'après une lettre duTasse (datée de la prison de Ferrare, 1580), qu'un jardin irrégulier aurait été planté eu Italie, par le duc Charles-Emma-nuel I", de Savoie, dans une propriété qu'il possédait près de Turin. C'est d'après ce jardin que le Tasse aurait fait la des-cription de ceux d'Armide ; et, au dire d'un écrivain italien, ce jardin aurait servi de modèle à ceux que l'on a faitsdepuis. Cette prétention paraît peu fondée, quoiqu'il soit difficile de déterminer la date et le lieu de la création du premierjardin irrégulier.
Malgré cette tentative ancienne, les jardins de cette forme sont rares en Italie; d'abord, parce que le génie italien atrop conservé la tradition antique, pour adopter un système qui s'en écarte aussi complètement; et, ensuite, parce que letracé irrégulier ne produit pas dans ce pays autant d'effet que dans les contrées du Nord.
On a dit aussi que les jardins irréguliers furent inspirés par les poètes anglais Milton, Pope et autres; ou par les