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INTRODUCTION
I. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. — Ce livre a pour objet la description des Promenades créées dans Paris par l'administrationmunicipale.
Il est divisé en trois parties comprenant :
Le Bois de Boulogne;
Le Bois de Vincennes ;
Les Promenades intérieures de Paris.
Dans la première partie on a décrit les procédés employés dans l'exécution des travaux, et qui sont les mêmes pour toutes lespromenades. Les autres parties ne reproduisent pas ces détails, qui n'eussent été qu'une répétition fastidieuse.
Mais, avant de commencer, nous avons pensé qu'il importait, pour préparer l'esprit du lecteur à la description technique de nospromenades urbaines, de placer sous ses yeux un résumé de l'histoire de l'art des jardins, et d'indiquer ensuite les principes générauxd'une branche de l'art, trop négligée de nos jours par les artistes. La création des jardins constitue, en effet, une section importantede l'art général, section au moins aussi ancienne que l'architecture, à côté de laquelle elle s'est développée. Elle a subi les mêmesinfluences, les mêmes modifications, et présente par conséquent les mêmes phases.
Pour saisir les causes de ces modifications et les raisons d'être des différents styles, soit dans les pays éloignés les uns desautres, soit dans une même localité, il est nécessaire d'étudier le climat, les usages de chaque nation, les formes générales de sonart et les transformations qu'il a subies en conséquence du développement des idées et du raffinement des mœurs. C'est en exami-nant toutes ces causes que l'on peut juger de la diversité des styles, en matière de jardins, et savoir ce qu'il iaut adopter ourejeter dans les créations des anciens, quand on compose une œuvre nouvelle.
Ainsi, on sera amené à repousser, dans une contrée, les formes adoptées sous un climat différent; et quand la tradition offrira destracés exécutés pour répondre à des besoins ou des usages qui ont été abandonnés depuis, les combinaisons qui ne sont plus en har-monie avec nos mœurs actuelles devront être rejetées.
II en est de même pour tous les arts. L'imitation servile de l'antique conduit le plus souvent à reproduire des dispositionsqui ne s'adaptent plus à nos usages. Toutefois, il faut se garder de repousser systématiquement les œuvres du passé, d'abordparce qu'elles sont un enseignement; en second lieu parce que certaines parties peuvent être transformées et utilisées à lacondition d'être refondues. Dans tout travail artistique il y a des principes fixes, puis une partie variable, qui reçoit des empreintesdiverses, et va sans cesse se modifiant. On peut comparer cette dualité de l'art à une plante qui grandit et change d'aspect, sanschanger d'essence. Analyser les créations du passé, en séparer les parties caduques, et reconnaître les éléments qui peuvent entrerdans l'art moderne : tel doit être l'objet des préoccupations de l'artiste qui se consacre à l'étude des jardins.
Il ne reste pas de vestiges des jardins de l'antiquité. Non-seulement le temps a effacé l'œuvre, mais les peuples eux-mêmesont disparu. Dans certaines contrées, le désastre a été tel, que le désert a pris la place des grandes cités. Comment retrouverles traits généraux de ces créations éloignées, quand de toute une civilisation il reste à peine le souvenir? On peut l'essayer cependantà l'aide de quelques récits historiques et surtout au moyen des débris de monuments, en faisant un travail de restauration, déjà assezavancé de nos jours pour qu'il soit possible de saisir les grands traits des arts anciens.
L'art est la quantité de travail et de savoir qui s'ajoute à toute œuvre pour lui imprimer la grâce ou la perfection. Or les besoinsde l'homme ne sont pas les mômes dans les différents milieux où il habite. Le costume, l'habitation, ont d'autres conditions à remplirdans les climats du Nord et dans ceux du Midi; les matériaux varient et aussi la végétation. D'où l'on peut déduire que l'art, engénéral, et surtout l'art des jardins, doit différer dans des contrées différentes de climat, de relief; de même que les types humainsdiffèrent d'aspect et d'aptitudes, suivant les régions diverses où ils se développent.
D'un autre côté, les jardins, étant le complément de l'habitation de l'homme, ont subi, dans une même contrée, des changementsanalogues à ceux qui ont transformé la maison. Simples à l'origine et entièrement consacrés à la culture des végétaux utiles, tels qu'on
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