VEqu'il a rendues avec beau-coup de vérité, & avec unemagnificence qui lui est par-ticuliere. Ce grand Maîtrea ses défauts. Il a peint quel-quefois de pratique, ce quifait que ses Ouvrages nesont pas tous de la mêmebeauté ; il péche souventcontre la convenance dansses compositions; on desi-reroit plus de choix, dansses atritudes; plus de finesse,dans ses expressions ; plusde goût & de correction,dans le Dessein; plus d'intelligence du clair obscur.La plûpart des Desseins dece Maître, arrêtés à la plu-me, & lavés au bistre, ouà l'encre de la Chine, sontterminés. Ils font les déli-ces des Amateurs pour larichesse de l'ordonnance,la beauté des caracteres detête, le bon goût de draperies, &c. Il a fait aussides études au crayon. LeRoi possede plusieurs Ta-bleaux de Paul Veronese.On en voit aussi plusieursau Palais Royal. On agravé d'après lui. Ce cé-lebre Artiste a eu deux fils& un frere, qui se sontdistingués. Voyez au motCaliari.VERONESE (Alexandre),Peintre, né à Verone en1600, mort à Rome en
VE7171670. Il s'appelloit autre-ment Turchi & l'Orbetto;ce dernier nom lui fut don-né, parce qu'étant enfant,il conduisoit un Aveugle.Il entra dans l'Ecole de Fe-lice Ricci, dit Brusasorci.Quelquefois Alexandre ſuivoit la maniere seche & le-chée de ce Maître. Quel-quefois il la quittoit, pourimiter le coloris du Cor-rege, & les airs de tête duGuide. Le séjour qu'il fit àRome, épura entiérementsont goût; il eut le talentde transporter dans ses Ou-vrages, les couleurs del'Ecole Venitienne, & leDessein de l'Ecole Romaine.Ce Peintre ne négligea ja-mais de consulter la Na-ture. Sa coutume étoit decommencer à peindre sansfaire auparavant d'Esquisseni de Dessein. Un colorisvigoureux, un bon goût deDessein, un pinceau gra-cieux, caractérisent ses ta-lens ; des attitude & desdraperies mieux entendues,des compositions plus rai-sonnées en auroient fait unPeintre parfait. Alexandrea fair beaucoup de Tableauxde chevalet qui sont extrêmement finis. On voit ausside ses Peintures sur le mar-bre & l'Agathe, où il s'estattaché à représenter des