VAdans ses Tableaux, uneveine facile & abondante,reglée par un jugement sain& éclairé. On estime singu-liérement son triomphe deBacchus, & la Cêne qu'ilpeignit pour la Cathédraled'Anvers: ses emblêmes del'amour divin & profane,la vie de Saint Thomas.d'Aquin, & ses emblêmesd'Horace, gravés d'aprèsses Desseins, nous donnentune grande idée de son éru.dition & de ses talens. On aaussi gravé plusieurs autresmorceaux de ce Maître. Untrait qu'il ne faut pas ou-blier pour la gloire d'OttoVænius, est qu'il a eu lecélebre Rubens pour Disci-ple.Gilbert & Pierre Væniussont ses freres; le premiers'est distingué dans la Gra-vure ; le second, qui futPeintre, n'a fait que peude Tableaux, du moins,connus.Vaguesse, du mot Italien Vagezza. Ce terme enPeinture eſt d'une ſignifica-tion étendue ; il s'appliqueau Coloris, au Dessein,à la Composition, au toutainsi qu'à ses parties. Il dé-signe quelquefois des tonsbrillans & lumineux, destouches larges, un grandgoût de Dessein, des glissa-
695VAdes de clairs & d'ombres;enfin, des vapeurs qui sem-blent envelopper tous lesobjets du Tableau.VALENTIN, Peintre, néà Colomiers en Brie, l'an1600, mort aux environsde Rome en 1632. Le Va-lentin entra fort jeune dansl'Ecole du Vouet, & peu detemps après, se rendit enItalie. Les Tableaux du Ca-ravage le frapperent, ilimita son faire, ses ombresfortes & noires, & s'atta-cha, sur-tout, à représenterdes Concerts, des Joueurs,des Soldats, & des Bohé-miens. On voit aussi de ceMaître, des Tableaux d'Hi-stoire & de dévotion, maisils sont en petit nombre, &pour l'ordinaire, inférieurs.a ses autres Ouvrages. LeValentin trouva un Protec-teur dans le Cardinal Barbe-rin, c'eſt à ſa recommandation qu'il peignit pour l'E-glise de Saint Pierre à Ro-me, le Martyre des SaintsProcesse & Martinien, mor-ceau très estimé. Il se liad'amitié avec le Poussin,& l'on remarque qu'il aquelquefois ſuivi la manie-re de cet excellent Artiste.Le Valentin a toujours con-sulté la Nature, sa toucheest légere: son coloris, vi-goureux ; ses Figures, bienXI iv