TIniches en pente.TINTORET (JacquesRobusti, surnommé le),Peintre, né à Venise en1512, mort dans la mêmeville en 1594. Le surnom deTintoret vient de la profes-sion de Teinturier que lepere de ce célebre Artisteexerçoit. Il s'amusoit, dansson enfance, à crayonnerdes figures; ses parens jugerent par cet amusement,des talens que la Natureavoit mis en lui, & le des-rinerent à la Peinture. LeTintoret se proposa, dansses études, de suivre MichelAnge pour le Dessein, &d'étudier les Ouvrages duTitien pour le coloris. Ceplan, qu'il suivit exacte-ment, joint au soin qu'ilprit de copier le Modéle &de consulter l'Antique, luifirent une maniere où il yavoit beaucoup de noblesse,de liberté & d'agrément. CeMaître étoit fort attaché àson Art, & n'étoit jamaissi satisfait, que lorsqu'ilavoir ses pinceaux à lamain; jusques-là qu'ilproposoit de faire des Ta-bleaux pour le débourséde ses couleurs, & qu'ilalloit aider gratuitement lesautres Peintres. Le Tintoretfut employé par le Sénat deVenise, préférablement au
TI679Titien & à François Salviati.Les Peintures qu'il a faitesdans la Salle du Conseil, &dans celle du Scrutin à Ve-nise ; ses Ouvrages pourl'Ecole de St Roch, pourcelle de St Marc, & singu-liérement à la Trinité, &dans le Palais Ducal, lemettent au rang des Peintresles plus célebres. Il a faitaussi beaucoup de Portraits& de Tableaux de chevalet,fort estimés. On rapporteque l'Aretin ayant mal parlédu Tintoret, ce Peintre lefit venir sous prétexte defaire son Portrait. Lorsqu'ilsfurent seuls enfermés, leTintoret tira de desious sarobe un pistolet, & commeil vit l'Auteur satyrique forteffrayé ; ne craignez point,lui dit-il, je veux prendreseulement votre mesure, cequ'il fit. L'Aretin fut dans lasuite plus réservé, à sonégard. Ce Peintre a excellédans les grandes ordonnan-ces ; ses touches sont har-dies, son coloris est frais;il a, pour l'ordinaire, réussià rendre les carnations, &il a parfaitement entendu.la pratique du clair-obscur;il mettoit beaucoup de feudans ses idées. La plûpartde ses Sujets sont bien ca-ractérisés: ses artitudes fontquelquefois un grand effet,Vu iv