580RIses teintes sont d'une viva-cité & d'une fraîcheur ad-mirables, ses Ouvrages fi-nis sans être peinés, sesPortraits frappans pour laressemblance ; il a sur-tout,excellé à peindre les mains.qui sont d'une beauté audelà de toute expression. Onlui reproche d'avoir mistrop de fracas dans ses dra-peries, ce qui détourneL'attention dûe à la tête duPortrait, & l'on remarquedans plusieurs Tableaux deson dernier temps, des contours secs, & un ton decouleur qui tire sur le violet. Un hasard singulier futl'occasion de son mariage.Une Dame avoit envoyéson Domestique pour aver-tir un Peintre de venir mettre son plancher en couleur;on s'adressa à Rigaud, qui,charmé de cette méprise,dont il voulut s'amuser,promit de se rendre à l'heure& dans la maison qu'on luiindiqua; il y fut en effet:mais la Dame voyant unhomme de bonne mine,superbement habillé, s'ex-cusa sur la sottise de sonLaquais, plaisanta, & fitbeaucoup d'accueil a Rigaud; celui-ci ne demeurapoint insensible; il vint revoir cette Dame ; les deuxparties se plurent; enfin, le
RImariage se fit & fut des plusheureux. Jean Ranc a étél'Eléve de ce Peintre. LeRoi a beaucoup d'Ouvragesde Rigaud; on en voitaussi, dans la Salle de l'A-cadémie. On a beaucoupgravé d'après lui.RIGAUDON. C'est un Airà deux temps vifs, composéde deux reprises qui ontchacune 4, 8, 12, &même plus de mesures ;chaque repriſe commence àla derniere note du secondtemps.RIME. La Rime est unmême son à la fin des motsqui terminent les vers. LesGoths établis dans les Gau-les, avoient parmi eux desPoétes nommés Runers,qui introduisirent la conso-nance ; leurs Ouvrages envers s'appellerent Runes, &enſuite Rimes. La Rime futbien reçue dans la Poésievulgaire ; mais on ne lagoûta point de même dansla Poésie Latine, où l'onvoulut aussi l'employer. LesPoétes ne gardoient autre-fois aucune regle certaine.dans l'arrangement des Ri-mes. D'abord, on s'efforçad'épuiser une même Rime,mais cette monotonie pa-rut désagréable, & l'on re-connut la nécessité de varierles consonances Il y a quel