NEobligée de sortir de Pra-gue, & elle se retira, avectrois enfans, dans un Châ-teau assiégé, où elle vitpérir deux de ses fils, defamine : le même sort lamenaçoit; mais elle se sau-va une nuit tenant Gaspardentre les mains, & vint àArnheim, où un Médecinnommé Tulkens, lui donnadu secours & prit soin dujeune Netscher. Il le destinoit à sa Profession, maisla Nature en avoit décidé autrement, il fallut luidonner un Maître de Des-sein. Un Vitrier, le seulhomme qui sçût un peupeindre à Arnheim, luimontra les premiers prin-cipes de l'Art: bientôt l'E-leve surpassa son Maître,il alla a Deventer chezTerburg, Peintre célebre& Bourguemestre de cetteville. Netscher faisoit toutd'après Nature ; il avoit untalent singulier pour pein-dre les étoffes & le linge.Des Marchands de Ta-bleaux occuperent longtemps son pinceau, ache-tant à très-bas prix ce qu'ilsvendoient fort cher. Gas-pard s'en apperçut & réso-lut d'aller a Rome, maisl'amour l'arrêta en chemin;il se logea à Bordeaux chezun Marchand qui avoir une
NE469niéce fort aimable; Nets-cher ne put se défendre del'aimer & de l'épouser. Il nesongea plus à son voyage,& retourna en Hollande. CePeintre s'appliqua au Por-trait, il acquit beaucoupde réputation dans ce gen-re, & se fit une fortunehonnête: il préfera mêmeſon état, à une penſion con-sidérable que Charles II,Roi d'Angleterre, lui fitoffrir, pour l'attirer à sonservice. Ce Peintre a tra-vaillé en petit; il avoit ungoût de Dessein assez cor-rect, mais qui renoit rou-jours du gout Flamand. Satouche est fine, délicate &moelleuse ; ses couleurs lo-cales, sont bonnes; il avoitaussi une grande intelligencedu clair obscur. Sa coutumeétoit de répandre, sur sesTableaux, un vernis a-vant d'y mettre la dernieremain; il remanioit enſuiteles couleurs, les lioit &les fondoit ensemble. Il aeu deux fils, ses Eléves,mais qui n'ont point héritéde ses talens, ni de sa répu-tation. On voit plusieursOuvrages de ce Maître,dans la Collection des Ta-bleaux du Roi, & danscelle de M. le Duc d'Or-léans. On a peu gravé d'après lui.Ggij