MO446& de rapides ſuccès juſtifierent le mérite du Maître &de l'Eleve. Les Ouvrages duGuide, de Carle Maratte,& de Pierre de Cortone,furent ceux ausquels il s'at-tacha d'une maniere plus.particuliere. Il remportaplusieurs prix à l'Académie,& entra dans ce Corps en1718. Un Amateur qui par-toit pour l'Italie l'emmenaavec lui; il ne resta qu'uneannée dans ce séjour; maisles études continuelles qu'ily fit, d'après les plus grandsMaîtres, l'éleverent au plushaut tang: il revint enFrance avec une réputationformée. Le Moine avoit ungénie qui le portoit à entreprendre les grandes ma-chines ; il s'étoit déja dis-tingué, avant son voyagepar les Peintures qu'il fit auplafond du Chœur dans l'E-glise des Jacobins, au Fauxbourg Saint Germain. Onle choisit pour peindre àfresque la Coupole de laChapelle de la Vierge, àSt Sulpice: il s'acquitta dece grand morceau avec unesupériorité qui frappa tousles Connoisseurs. On nedoit pourtant pas dissimuler que les figures tombentparce qu'elles ne sont pasen perspective. Ce fut en-core le Moine qu'on char-
MOgea de peindre à l'huile, legrand Salon qui est à l'entrée des Appartemens deVersailles: ce monumentqui représente l'Apothéosed'Hercule, est un des pluscélebres morceaux de Pein-ture qui soit en France.Toutes les figures de ceuxgrande composition, ontun mouvement, un carac-tere, & une variété admirables ; la fraîcheur du co-loris, la sçavante distribu-tion de la lumiere, l'en-thousiasme de la composi-tion, s'y font tour à toutestimer. Le Cardinal deFleury frappé de la beautéde ce plafond, ne put s'em-pêcher de dire en sortant dela Messe avec le Roy: j'aitoujours pensé que ce mor-ceau gâteroit tout VerſaillesLe Moine apportoit au tra-vail une activité & une assi-duité qui altérerent beau-coup sa santé; il peignoitfort avant dans la nuit, àla lumiere d'une lampe; lagêne d'avoir eu le corpsrenversé pendant les sept.années qu'il employa auxblafonds de St Sulpice & deVersailles, la perte qu'il fi-alors de sa femme, quelques jalousies de ses Con-freres, beaucoup d'ambi-tion; enfin le chagrin devoir qu'on ne lui avoit pas