LA374& passa en Angleterre, oùson mérite lui servit de re-commandation. On l'em-ploya à rétablir quelques Ta-bleaux endommagés par letemps, & à produire plu-sieurs morceaux de sa com-position. Le Roi prenoitplaisir à le voir travailler,étonné de son habileté, quiétoit au-dessus de sa jeu-nesse. Enfin, l'amour dela Patrie sollicita Largil-liere de revenir en France,au sein de sa famille. A sonretour, plusieurs de ses pa-rens & de ses amis lui de-manderent leurs Portraits;cet illustre Artiste s'en ac-quitta avec distinction; sesTableaux frapperent lesConnoisseurs. Le Brun, cethomme si chet à ceux quisont épris du vrai mérite,lui accorda son estime &son amitié, & le fixa enFrance, malgré la sollicita-tion de la Cour d'Angleterre qui lui offroit desplaces non moins honorables qu'avantageuses. L'A-cadémie le reçut commePeintre d'Histoire : ilréussissoit, en effet, trèsbien en ce genre ; maisl'occasion le sit travailletprincipalement au Portrait.A l'avénement de JacquesII, à la Couronne d'Angle-terre, Largilliere fut mandé
LAnommément pour faire lePortrait du Roi & de laReine. Il se surpassa lui-même ; la Fortune vintse présenter alors, danstout son éclat, au Peintre.pour le retenir à la Cour.Angloise, mais il ne se lais-sa point tenter, & revintencore en France. Ce Mai-tre peignoit, pour l'ordinai-re, de pratique; cependant son Desscin est correct,& la Nature parfaitement.saisie. Sa touche est libre.sçavante & légere; son pinceau, moelleux; sa com-position, riche & ingé-nieuse. Il donnoit une res-semblance parfaite à sestêtes ; ses mains sont admirables, & ses draperies d'ungrand goût: aux talens dePillustre Artiste, il joignoitles vertus de l'honnêtehomme, & les qualités d'unvéritable ami. L'unionconstante qui subsista entrelui & Rigaud son Concur-rent, fait l'éloge de leurcaractere. On a beaucougravé d'après ce Peintre. Ila laissé de grands biens, &une fille unique, digne deles posseder. M. Oedy.a été un de ses Eleves. Ilmétite d'un tel Disciple,ajoute à la réputation duMaître.LARGO. Terme de Musi-
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