10jour sur le parquet avecde la craie blanche, unde ses amis absent depuisquelque temps: la ressem-blance étoit frappante ; onfit enlever la feuille du par-quet, qui devint un Tableau d'autant plus précieux,que l'amitié l'avoit tracé.Jean Jouvenet ne vit pointTitalie, ayant été arrêtépar une maladie, lorsqu'iletoit sur le point de partir.Cependant il se forma parla seule étude de la Nature,un goût de Dessein fier,correct & sçavant. Il don-noit du relief & du mouvement à ses Figures; ses Ex-pressions sont vives, sesAttitudes vraies, ses Dra-peries bien jettées, ses Fi-gures heureusement contrastées: il réussissoit, surtout, dans les grandes Machines, il traitoit avecbeaucoup de succès l'His-toire, la Fable, l'Allégorie& l'Épisode. Il a fait en-core des Portraits fort esti-més. Son pinceau ferme &vigoureux, la richesse de sacomposition, sa grande ma-niere, charment & étonnentle Spectateur, sans le sé-duire par le coloris qu'il apeut-être un peu trop né-gligé. Lorsqu'il se trouvoitde l'Architecture dans sesTableaux, il la faisoit pein-
10361dre par d'autres mains. M.Restoux, de l'AcadémieRoyale de Peinture & deSculpture, & l'un des Pro-fesseurs, est l'Eleve & leNeveu de cet illustre Artistedont il fait revivre les ta-lens dans ses grands Ouvrages.On voit des Tableaux deJouvenet aux Invalides, àNotre-Dame, à St Roch,au Collège des Jésuites,dans le Couvent des Fillesde la Croix, aux Capucinesprès la Place de Louis leGrand, dans la Salle desMarguilliers de Saint Ger.main l'Auxerrois, aux Peres.de Nazareth, aux GrandsAugustins, à Saint Paul,à Sainte Opportune, à laCharité, dans l'Eglise desQuatre-Nations, à SaintMartin des Champs, dansle Chœur des Chartreux,dans une des Salles de l'Académie de Peinture, àl'Hôtel de Conti, à l'Hôtelde Saint Pouanges. De plus,il a peint, à Rouen, le Pla-fond de la deuxiéme Cham-bre des Enquêtes; à Ren-nes, le Plafond de la Cham-bre du Conseil. Il y a ausside ses Ouvrages aux Jé-suites, dans la Paroisse deSaint Etienne, & dans uneMaison particuliere de cette ville. A Versailles, dans