GO310Hommes des autres Peuples,nos Rivaux. Ses Ouvragesnous retracent les beautéssimples & sublimes de l'Antique. Un Auteur modernele nomme, avec raison, leCorrege de la Sculpture. Eneffet, Goujon pareil à cePeintre, a quelquefois pé-ché contre la correction,mais il a toujours consultéles Graces. On croit que ceMaître a travaillé au Des-sein des façades du VieuxLouvre, construites sousHenri II, à cause du belaccord qui régne entre laSculpture & l'Architecture.Personne n'a mieux entenduque lui les Figures de demi-relief. Rien n'est plus beau,en ce genre, que sa Fontai-ne des Saints Innocens, rueSaint Denis, à Paris. UnOuvrage non moins curieux, est une espece deTribune, soutenue par desCaryatides gigantesque, &qui est au Louvre dans laSalle des Cent-Suisses. Sar-rasin, célebre Sculpteur,n'a cru pouvoir mieux faireque d'imiter ces Figures,d'un goût exquis, & d'undessein admirable. M. Per-rault les a fait graver parSebastien le Clerc, dans saTraduction de Vitruve. Onvoit encore des Ouvrages.de Goujon, à la Porte Saint
60Antoine, & à la PompeNotre-Dame. Il fut l'Ar-chitecte & le Sculpteurde l'Hôtel de Carnava-let: l'illustre Mansart,chargé de le finir, se fitun scrupule de tuivre sesPlans.GOUSSE, espece d'écossede féve, qui sert d'ornémentdans le Chapiteau IoniqueAntique. Il y en a trois àchaque volute, qui partentd'une même tige.GOUT. Ce terme, enPeinture, se prend quel-quefois pour l'inclinationque le Peintre témoignepour certains sujets; c'estaussi une façon de faire,une habitude, & un choixqui lui sont propres, soitdans l'invention, soit dansle Dessein, soit dans le Co-loris. Alors ce terme s'em-ploie dans le même sens.que Maniere. Voyez à cemot.Le Goût est bon ou man-vais, selon qu'il s'approche, ou s'éloigne des beau-tés que la nature, la réflexion, l'art & l'approbation.de plusieurs siécles, nousfont connoître par l'étudeOn distingue trois sortes deGoûts en Peinture.1°. Le Goût naturel,c'est-à-dire, l'idée & le ta-lent qu'un Peintre acquiert