G 1lot réussissoit à représenterdes figures groiesques, desFaunes, des Satyres; ilétoit fort employé pour lesdécorations de l'Opera. Onremarque beaucoup d'es-prit, de finesse & de goût,mais peu de correction dansses Desseins. On a encorede ce Maître, quelquesPlanches gravées a l'eau-forte, avec assez de liberté:on a aussi beaucoup gravéd'après lui. Il fut reçu a l'A-cadémie en 1715.GILLOT (Louise Gene-vieve) de Sainctonge, néeà Paris en 1650, morte dansla même ville en 1718.Cette Dame a fait beaucoupd'honneur à son sexe, parl'excellence de ses talens &par la beauté de son génie.Ses Œuvres Poétiques con-sistent en Epîtres, Eglo-gues, Madrigaux, Chan,sons, &c. en deux Comé-dies intitulées Griselde, &l'Intrigue des Concerts ; enplusieurs Idules, en un Bal-let qui a pour titre le Char-me des Sai$ons, dans unePastorale heroique sous lenom de Diane & d'Endi-mion. Elle a fait auſſi, pourl'Opera, deux Tragédies:scavoir, Didon, & Circé,mises en Musique par Des-Marests: on joue encore lapremiere.
GI309GIORGION (Georges),Peintre, né en 1478 auBourg de Castel-Franco si-tué dans le Trevisan, morten 1511. Le Giorgion s'ap-pliqua d'abord à la Musiquepour laquelle il réunissoitbeaucoup de talens ; il avoitune belle voix, & jouoitbien des instrumens; maisla Peinture eut encore plusd'attraits pour lui que laMusique, & il s'y adonnaentiérement. Jean Bellin futson Maître, qu'il surpassabientôt. L'étude que leGiorgion fit des Ouvragesde Leonard de Vinci, &surtout, celle de la Naturequ'il n'a jamais perdu devue, acheva de le perfectionner. Ce fut lui qui in-troduisit à Venise la coutume où les Grands étoient defaire peindre le dehors deleurs maiſons. Le Giorgioncommença par sa maison,voulant par ce moyen s'at-titer beaucoup d'occupa-tion, ce qui lui réussit. LeTitien ayant connu l'excel-lence de ses talens, le visi-toit fréquemment pour luidérober les secrets de songrand Art; mais le Giorgiontrouva des prétextes pourlui interdire sa maison. UneMaîtresse qu'il avoit & quilui devint infidele, fut,dit-on, la cause de sa mort