263 FAver promptement les obs-tacles qui se présentent dansla composition d'un Ou-vrage. Celle-ci est, sansdoute, plus admirable quela premiere, & conduit plussûrement à la perfection.Voyez Liberté.FACTEURS ou PATISTES.On appelloit ainsi les Poétes des Provinces soumisesaux François, & leurs œuvres portoient le nom deFaits. C'étoit de petits Poé-mes chantés par des chœurs.accompagnés de Danses.Chilperic I, qui aimoit laPoésie, avoit des Fatistes àsa Cour.FAGE (Raimond de la)Dessinateur & Graveur, néà Toulouse en 1648, morten 1690. Ce Maître ne des-sinoit guére qu'à la plume.Il mettoit, dans ses Ouvrages, un goût & un eſ-prit, qui surprenoient lesArtistes. Il fut un jour ren-dre visite à Carle Maratte :ce Peintre l'appercevant,se leva & lui mit ses pein-ceaux entre les mains. LaFage lui répondit qu'il nes'étoit jamais exercé à laPeinture. » Que je suis heu-„ reux, répliqua Carle-„Maratte, à juger par„ vos Desseins du progrès" que vous auriez fait" dans cet Art, je vous
FA» aurois cédé une pla-" ce que vous auriez„ rempli plus dignement" que moi. » La Fage adonné beaucoup dans le li-bertinage ; & l'on a de luides sujets libres, dans les-quels a la vérité, il réus-sissoit parfaitement. Son ta-lent pour le Dessein étoitprodigieux ; il s'y adonnasans secours, sans Maître,malgré ses parens, & de-vint bientôt un Dessinateurprofond. Il se perfection-na ensuite à Rome, par l'é-tude qu'il fit des Ouvragesdes plus grands Maîtres. LeDesscin lui étoit si familier,que sa main exécutoit dupremier coup tout ce queson imagination lui suggeroit. Il a souvent commen-cé un Dessein qui devoitêtre composé d'un très-grand nombre de figurespar un point qu'on lui a-voit marqué sur le papier. Son Atelier ordinaireétoit le cabaret. Il s'étoitétabli depuis pluſieurs jourschez un Aubergiste, & faisoit de la dépense qui pa-roissoit au-dessus de sa for-tune. On lui présenta lemémoire, au dos duquella Fage crayonna, pourson payement, un desseinqu'il fit porter chez un A-mateur opulent. Le prix