ESà-vis du Théâtre. Les per-sonnes qui ne veulent pointêtre vûes, sont au secondrang des Loges. Sur lamême ligne, & dans toutela façade du fond, est l'en-droit destiné pour les Moi-nes. On est assis aux deuxcôtés du Parterre, sur desgradins, & il y a encore unautre endroit, appellé Pa-cio, où il y a des bancs,& qui est de la largeur duTheatre.Les Espagnols compose.rent plutot que les autresNations polies de l'Europe,des Poémes dramatiques,où l'on remarque quelqueméthode. On fait remonterl'époque de ce Théâtre, aumilieu du quinziéme siécle.Leurs Piéces étoient d'abordde petites farces satyriques;depuis, l'étonnante fécon-dité de leurs Poétes, donnaà ce Peuple, le plaisir de lavariété. Lopés de Vega adit on, composé lui seulplus de 1500 Piéces. Dansles Drames Espagnols, ontrouve quelquefois de cesbeaurés de détail, fruits d'u-ne imagination échauffée.Au reste, les François n'ontpoint dédaigné d'aller puiser à cette source; entrenos Auteurs, Rotrou, Cor.ueille, &, sur-tout, Mo-liere, sont ceux qui ont le
ES 261plus emprunté des PiécesEspagnoles. Les Autos sa-cramentales, ſont des Dra-mes pieux, que l'on repré-sente en certains temps del'année, principalement lejour du Saint Sacrement. Onappelle Gracioso, dans laComédie Espagnole, l'Ac-teur qui joue le principalrôle Comique; ce Person-sonnage approche beaucoupde celui d'Arlequin.ESPAGNOLET (JosephRibera, dit l' ) Peintre, néen 1589, à Xativa, dans leRoyaume de Valence en Es-pagne, mort à Naples en1656. Ce Peintre étudia lamaniere de Michel-Angede Caravage. Il dessinoitplus correctement, mais sonpinceau n'étoit pas si moel-leux. Les sujets terribles &pleins d'horreur, étoientceux qu'il choisissoit ordi-nairement. On ne peutpeindre avec plus de vérité,mais on est fâché de trou-ver tant de férocité dans sesTableaux. L'E$pagnolet nédans la pauvreté, eut longtemps à supporter ce cruel.état. Un Cardinal l'ayantun jour rencontré occupé àpeindre, fut frappé de sestalens, & en meme temps,touché de son indigence:il l'emmena dans son Palais,& lui fit donner abondam-R iij