DE222cadémie, à l'Hôtel des Go-belins & au Palais Royal.On n'a gravé que troismorceaux d'après Despor-tes. Il a eu pour Eleves, unfils, & un neveu, tous deuxrecommandables par leurmérite.DESPORTES (Philippe);né à Chartres en 1546,mort en 1606, Poéte Fran-çois. Il contribua beaucoup,par ses Ouvrages, aux pro-grès & à la pureté de notreLangue, qui, avant lui,n'étoit qu'un jargon barba-re, chargé de gréciſme, d'é-pithetes obscures, & d'ex-pressions forcées. Sa Poésieest naive & élégante, simple& pleine d'invention; il aréussi dans les sujets galans.On ne doit pas oublier lamagnificence avec laquelleplusieurs Princes ont témoi-gné à ce Poéte, le cas qu'ilsfaisoient de ses production.Henri III lui donna dixmille écus pour le mettre enétat de publier ses premiers.Ouvrages, & Charles IX.lui avoit donné huit censécus d'or pour son Rodo-mont. L'Amiral de Joyeusefit avoir à l'Abbé Desportesune Abbaye pour un Son-net : enfin, il réunit, sursa tête, plusieurs Bénéfices,qui tous enſemble lui pro-duisoient plus de dix mille
DEécus de rente. Henri IIIfaisoit aussi l'honneur àDesportes de l'appellet dansson Conseil, & de le con-sulter sur les affaires les plusimportantes du Royaume.On a de lui des Sonnets,des Stances, des Elégies,des Chansons, des Epi-grammes, &c.DESPREAUX (NicolasBoileau sieur), né à Paris lepremier Novembre 1636.reçu à l'Académie Françoiseen 1684, mort en 1711.Poéte François. Il se fit d'abord connoître par des Sa-tyres, genre de Poésie quilui attira beaucoup d'enne-mis, mais qui le fit admirer& aimer de ceux qui par leurmérite étoient au-dessus deses traits. On rapporte quele pere de Despreaux parlant un jour du caracterede ses enfans, dit de ce-lui ci : que c'étoit un bongarçon qui ne diroit jamaismal de personne. Deſpreauxfaisoit ordinairement le se-cond vers avant le premier,& regardoit cette métho-de comme un des plusgrands secrets de la Poésie,pour donner aux vers beau-coup de sens & de force.Un grand nombre de sesvers ſont paſſés en prover-be. Les Ouvrages de cetillustre Poéte, se font ad-