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BRmoins pour la gloire, quepour l'argent, & pour fournir à ses plaisirs & à sa dé-pense, qui étoit considéra.ble. Une imagination vive,une belle ordonnance, unegrande fécondité, une tou-che facile, un coloris sou-vent foible & un desseininccorrect; tels sont les traitsausquels on peut reconnoî-tre les Ouvrages de ce Maître. Il fut élu Prince de l'A-cadémie de St Luc, & crééChevalier de l'Ordre deChrist. Son Ecole étoit nom-breuse ; mais un de ses Eleves ayant épousé, malgréſon conſentement, ſa fille,il congédia tous ses Disci-ples. Ses principaux Ouvrages sont a Rome: on neconnoît qu'une Piéce gravéed'après ce Maître.BRAUROU BROWER(Adrien), Peintre, né àOudenarde en 1608, mortà Anvers en 1640. Il avoitbeaucoup de talent ; l'onrapporte qu'étant encore en-fant, conduit par le seulinstinct de la Nature, ilreprésentoit ſur de la toile,des fleurs, & des oiseaux,que ſa mere vendoit auxfemmes de la Campagne.La bonne fortune d'Adrien,fit passer François Hals,bon Peintre, dans l'endroitoù il étoit. Hals trouvant
BR101dans les Ouvrages du jeu-ne homme, beaucoup degoût & de facilité, seproposa de lui apprendreles régles de l'Art. Braurprofita de ses leçons; enpeu de temps, il fit des cho-ses admirables; cependantle Maitre voulut tirer partidu mérite de son Eleve; ill'enferma seul dans un grénier, & le sie travailler sansrelâche à de petits Tableauxqu'il vendoit un grand prix.Braur se sauva un jour desa retraite, & s'enfuit dansune Eglise. Hals le fit re-venir, & tâcha de l'atta-cher à son service, en letraitant avec moins de dureté qu'auparavant ; maisBraur qui aimoit sa liberté,prit de nouveau la fuite &alla, sans secours, sans amis,sans argent à Amsterdam.Ses Ouvrages lui avoientfait un nom en cette ville,où il fut accueilli par unMarchand de Tableaux. Onlui procura beaucoup d'em-ploi ; il toucha pour la pre-miere fois de l'argent de sesOuvrages, mais ce fut pourle dépenser avec des hom-mes de la lie du Peuple.Son atelier étoit ordinaire.ment dans quelque taba-gie ; il étoit dans toutes lesquerelles d'ivrognes, & ex-posé à toutes les avanturesG II