B 0naires, quoique le Publicn'en convînt point ; au reste,on remarque dans ses Ou-vrages, du génie & uneversification assez facile ;mais souvent gâtée parl'obscurité des pensées,& par l'impropriété desexpressions. L'Abbé Boutards'appelloit le Poéte de laMaison Royale, & sous cetitre, il composa des verssur toutes les Maisons dePlaisance du Roi. Il ornoitde ses vers, toutes les Sta-tues, & les Monumens éri-gés à l'honneur de Sa Ma-jesté ; enfin il se croyoitobligé, par état, de nelaisser passer aucun événement remarquable du règnede son Bienfaiteur, sansle célebrer. On a de luiune grande quantité de Poé-sies, dont quelques-unesont été traduites en Franfois.BOUTS-RIME'S. On appelle ainsi, des rimes pro-posées à remplir. Un Poétefantasque, nommé Dulot,semble avoir introduit lejeu ridicule & le travail futil des Bouts-Rimés, aucommencement du derniersiécle, en donnant des ri-mes bizarres à remplir.Messieurs les Lanternistesde Toulouse, proposoientautrefois des Sonnets en
BOblanc, autrement des Bouts-Rimés à la gloire du Roi,& le Sonnet victorieux é-toit récompensé d'une Mé-daille d'argent. Sarrasin fitun Poéme, intitulé Dulot.vaincu, où il attaqua si vi-vement les Bouts-Rimés,qu'il parvint à les abolir,du moins parmi les person-nes de goût.BOYER (Claude), PoëteFrançois, né à Alby en1618, reçu à l'AcadémieFrançoise en 1666, mortà Paris en 1698. Cet Au-teur, malgré la médiocritéde ses succès, à travaillépendant cinquante ans pourle Théâtre. Ses Piéces Dra-matiques sont au nombredé vingt-deux, outre d'au-tres Poésies sur différenssujets. On raconte que saJudith eut pendant un Ca-rême entier beaucoup d'ap-plaudissement. Mais Boyerl'ayant fait imprimer pen-dant les vacances de Pâ-ques, on siffla la Piéce à larentrée. L'illustre Champ-mélé qui représentoit le rôlede Judith, demanda la rai-son de ce changement im-prévu ; un Plaisant du Par-terre lui dit : les ſiffletsétoient à Versailles, auxSermons de l'Abbé Boileau.Cette Piéce de Boyer estnéanmoins restée au Théâ-G