BOCe moyen ne fut employéque pour gagner du temps ;car il ſatisfit enſuite plei-nement l'ouvrier. A sonretour en France, il entraà l'Académie, où, dans lala suite, on le nomma Pro-fesseur. Ses talens éclate-rent, & le Roi Louis XIV.l'employa long-temps àdécorer plusieurs de ses Palais. Ce Peintre avoit unesprit vif, gai & plein desaillies. Bon Boullongne tra-vailloit souvent à la lueurd'une lampe qu'il portoitattachée à son chapeau. CeMaître étoit grand Dessinateur, & excellent Coloriste.On voit de ses Tableauxdans l'Eglise de Notre-Da-me, aux Invalides, dans leChœur des Chartreux, auCouvent des Religieuses dela Conception, a celui del'Assomption, dans l'Eglisedes Petits-Peres des Victoires, dans les Sales de l'A-cadémie de Peinture ; il apeint le plafond de la Sale.de la Comédie Françoise,& celui de la deuxiémeChambre des Requêtes duPalais. Il y a encore de sesOuvrages dans la Cha-pelle & dans les Apparte-mens du Roi. On a gravéd'après Bon Boullongne. Ilavoit deux sœurs, Gene-viéve & Madeleine Boul-
BOlongne, qui se sont distin-guees par leurs talens dansla Peinture, & qui furentde l'Académic Royale. Ilcut pour Eleves MM. San-terre, Louis Sylvestre,Raoux, Bertin, Tourniere,& M. Cazes qui a donnétant de preuves de ses talens& de son génie.BOULLONGNE (Louis),Peintre, né à Paris en 1654mort dans la même ville en1733. Il étoit frere cadet deBon Boullongne, & commelui, il eut son pere pourMaître. Un Prix qu'il rem-porta à l'âge de dix-huitans, lui mérita la Pensiondu Roi. Il partit donc pourl'Italie, dans le temps queson frere en revenoit. Ra-phael fut le Peintre auquelil s'attacha le plus. PlusieursTapisseries des Gobelius;ont été exécutées d'aprèsles copies que Louis Boul-longne fit alors des plusbeaux Ouvrages de ce grandHomme. Rome le perfec-tionna pour le Dessein; ilpuisa les vrais principes ducoloris, dans la Lombardie,& à Venise. Ce Peintre, àſon retour en France, attirasur lui les yeux des Ama-teurs. On lui donna autantd'Ouvrages qu'il en pouvoit desirer. Il fut reçu àl'Académie, où il parvint