ALquelques paroles, soit quel'on se contente de faire entendre les notes, avec lavoix ou avec un instrumentde Musique.AIRS. Ce terme est sou-vent employé par les Artistes, en parlant de la posi-tion ou de l'expression d'u-ne tête. Paul Veronese mettoit beaucoup de noblesse &de variété dans ses Airs detêtes.AISANCE. (Foyez Liber-té.)ALBANE (François.)Peintre, né à Bologneen 1578, mort dans lamême ville en 1660. Legoût décidé que ce célebreArtiste, encore enfant, mon-troit pour le dessein, engea ses parens à le met-tre, à l'âge de douze ans,chez un Peintre nommé De-nis Calvart. Le Guide étoitdans la même Ecole, & sefit un plaiſir de montrer àl'Albane ce que l'étude luiavoit déja fait connoître.Ces deux Rivaux, liés d'amitié, entrerent ensembledans l'Ecole des Carrachesils firent depuis plusieursvoyages à Rome, où par larecommandation du Guide,l'Albane trouva plusieursoccasions de se distinguer.Ce l'eintre ayant épousé,en secondes noces, une fem-
ALme d'une grande beauté, &en ayant eu douze enfans,il les fit servir de modèlespour les sujets de Venus,de Nymphes, d'Amours,qui ont le plus souvent oc-cupé son pinceau. Il enten-doit fort bien le Paysage,les ſites en ſont agréables &piquans. L'Albane a peutravaillé d'après l'Antique.Son pinceau frais & gracieuxconvenoit mieux à des idéesriantes, qu'à des compo-sitions fieres & terribles.La lecture des Poétes luia fourni des pensées ingé-nieuses ; il avoit une tou-che facile; son Dessein estsçavant; ses attitude & sesdraperies d'un bon choix;il a extrêmement fini ſes ou-vrages; ses carnations sontde teintes sanguines, & ila pratiqué assez heureuse-ment le clair obscur. Onlui reproche d'être un peufroid, d'avoir répété sou-vent les mêmes sujets, &de s'être trop ſervi des mêmes modèles. Il y a aussiquelqu'incorrection dans ſesOuvrages. L'Albane a peintplusieurs grands Tableaux àFresque, dans la ville &aux environs de Rome. Laville de Bologne, est pa-reillement enrichie de diffé-rens morceaux de ce célébreArtiste. Il a fait encore beau-couj