ABQuelques Ecrivains l'ont ditPrêtre, quoiqu'il n'eût quela tonsure.L'Abbé Abeille faisoitle plaisir des compagnies.par la gayeté de son ca-ractere, & par l'enjoue-ment de son esprit. Il étoithomme à bons mots, pleinde saillies & de contes qu'ilrendoit fort plaisamment?il entendoit tres-bien la versification, mais il manquoitde ce génie qui caractérisele grand Poéte. On donne àl'Abbé Abeille plusieurs Tra-gédies; sçavoir Sylanus,Danaus, Caton, Piéces nonImprimées. Coriolan, Lyn.cée, & Argélie. La Tragé-die de Caton étoit la Piecefavorite du Prince de Conti,lequel avoit coutume dedire, que si le Caton d'Uti-que ressuscitoit, il ne seroitpas plus Caton que celuid'Abeille. On fait la prétendue avanture arrivee à lapremiere représentation deCoriolan. Deux Princesses,dit-on, parurent d'abordsur le Théâtre; la premiereouvrit la Scène par ce vers,Vous souvient-il, ma sœur, dufeu Roi notre Pere?Malheureusement la secon-de Actrice resta un peu detems ſans répondre ; un Plaisant du Parterre dit à sa
ACplace ce vers de la Comédiede Jodelet Prince:Ma foi, s'il m'en souvient, il nem'en souvient guèresCe qui occasionna des huéestelles que la Piéce fut aussi-tôt interrompue, & ne putêtre jouée davantage ; maisc'est un pur Roman, le premier vers n'étant pas mêmedans la Piéce. Quelques-uns ont fait l'Abbé AbeilleAuteur de Crispin bel-Esprit, Comédie en un Acte,ainsi que des Tragédics.d'Hercule & de Soliman,représentées & impriméessous le nom de la Thuilerie,Comédien, & Auteur deplusieurs autres Piéces.ACADEMIE. C'étoit, dansla Ville d'Athènes, un lieudécoré d'architecture, oùles Sçavans, & les Gens deLettres, s'assembloient. Cemot vient de ce qu'un cer-tain Academus donna saMaison de plaisance à desPhilosophes, pour y étu-dier. On appelle encore au-jourd'hui Académie, une, ouplusieurs Salles, où des per-sonnes qui font professiondes Arts libéraux, ou quis'appliquent aux Sciences,viennent, à certains joursde la semaine, pour se com-muniquer les découvertes& les recherches qu'ils ont