RAPHAELD'URBIN
254II. ENTRETIEN SUR LES VIESduit de la $orte. Celuy qui me l'a fait remarquergarde chez luy un de$$ein à la plume de la main deRaphaël : ce deſſein eſt admirablement bien tou-che, & repreſente Venus, Vulcain & pluſieurs pe-tits Amours. Ce me$me $ujet $e trouve entre lesmains de M. Jabac, peint $ur bois par Jule Ro-main, de la me$me grandeur que celuy de Raphaël, qui s'en servit aussi pour peindre de bland& noir la façade d'une maison qu'il avoit faitbastir pour ses éleves.Mais ce qu'il faut obſerver, eſt que Raphaëlavoit des hommes $i $çavans qui travailloient $ousluy, que bien-loin de ga$ter $es de$$eins, ils yajoustoient souvent de nouvelles beautez. CarJule Romain ayant beaucoup plus de feu que Ra-phaël, inspiroit a toutes ses peintures certainevie & certaine action qui manquoit aux de$$einsde son maistre ; estant tres-vray que Raphaëlluy-mesme a beaucoup appris de Jule, & que sesfigures estoient moins animées, qu'elles n'onte$té depuis que cét éleve travailla $ous luy.Je vous diray encore en pa$$ant une cho$e con-$iderable touchant les tableaux qu'on croit e$trede Raphaël, & où l'on voit bien en effet qu'il ya de sa composition & de sa maniere. C'est queceux qui sont bien peints, mais moins cor-rects dans le dessein, peuvent-estre de Timo-thée d'Urbin ou de Pellegrin de Modene, quiont fort bien imité son coloris, mais qui n'ontpas desseigné correctement. Ceux dont le des-