ET SUR LES OUVRAGES DES PEINTRES. 171& font voir en peu de temps. C'est pourquoy PHILIFERil attiroit de toutes parts auprés de luy des per-sonnes sçavantes dans les sciences & dans les arts,& prenoit tant de plai$ir à s'entretenir avec euxqu'il a$$i$toit $ouvent à leurs a$$emblées.Si-to$t qu'il avoit quelque moment de loi$ir, ill'employoit à lire des histoires, s'enfermant pourcela dans cette magnifique Bibliotheque qu'ilavoit fait ba$tir à Bude, ou il fit un amas de tousles plus rares & plus excellens livres qu'il put ren-contrer. Et me$me dans la grande place de la Vil-le il avoit fait faire des boutiques pour toutes sor-tes d'Artisans qui venoient là, non-seulement d'I-talie, mais de tous les autres endroits de l'Europe.Il di$oit $ouvent que la grandeur d'un Roy pa-roissoit en trois choses ; à vaincre l'ennemi com-mun des Chrestiens, à faire des actions dignesd'estre écrites, & à estre liberal envers les person-nes sçavantes.Aussi c'estoit sur ces belles maximes que cePrince élevoit la gloire de ſon regne ; & par le con-cours de tant de personnes extraordinaires quirempli$$oient $a Cour, il rendit $on Royaume $ipoli & ſi floriſſant, qu'on diſoit alors que le RoyMatthias avoit fait d'un Royaume de plomb, unRoyaume d'or. Mais lors qu'il pensoit à rendreſa vie encore plus illuſtre en faiſant une guerretres-ſanglanre contre le Turc, il mourut d'uneapoplexie dans la 56. année de son âge, aprésavoir glorieusement regné trente-six ans.Y ij
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