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Tom. 1 (1685)
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168
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ANDREVEROCHIO.ANDREMANTE-6 NE.

168II. ENTRETIEN SUR LES VIEScela André répondit aſſez galamment, qu'il s'endonneroit bien de garde, $çachant qu'il n'e$toitpas en leur pouvoir de ratacher la teste d'un hom-me quand ils l'auroient une fois $eparée de soncorps, & encore une teste telle qu'estoit la sien-ne. Mais qu'il avait cét avantage sur eux, qu'ilpouvoit rejoindre au corps de son cheval la testequ'il avoit rompuë, & me$me y en mettre unebeaucoup plus belle. Cette réponse ne déplûtpas aux Venitiens : au contraire elle adoucit leuresprit irrité, & s'estant raccommodez avec Andréils luy firent une compo$ition $i avantageu$e,qu'e$tant retourné à Veni$e, il acheva son premiermodelle, & le jetta en bronze. Il ne put néan-moins finir l'ouvrage entier ; car s'estant échauf-fé & refroidi en travaillant, il demeura maladed'une plureſie dont il mourut âgé de 56. ans.Mais de tous ces anciens Peintres, celuy qui ale mieux sceû l'art de la Peinture fut AndreMANTEGNE. Il naquit à Padoûë, & lors qu'iln'e$toit encore qu'un enfant qui gardoit les bre-bis dans la campagne, il prenoit plaisir à dessei-gner. Comme on Peût mis sous Jacques Squacio-ne pour apprendre à peindre, il employa sontemps $i utilement, que biento$t aprés non-$eule-ment il ſurpaſſa ſon maiſtre, mais ſe rendit égalaux Peintres les plus sçavans. De sorte qu'à l'âgede 17. ans il fut choiſi par ceux de Padoûë pourfaire le tableau du grand Autel de l'Eglise deSainte Sophie.Entre