164 II. ENTRETIEN SUR LES VIESla Lombardie ; l'autre, l'Ecole de Florence & deRome. Car bien qu'il y ait encore eû de la difé-rence entre celle de Rome & celle de Florencece ne fut néanmoins que du temps de Raphaëlque l'Ecole de Rome changea de maniere, & pa-rut comme la plus parfaite & la plus excellentede toutes.COSMEIl y avoit donc à Florence COSME ROS-ROSELLI.SELLI, lequel ayant esté appellé à Rome par lePape Sixte IV. pour peindre ſa Chappelle avecAlexandre plusieurs autres Peintres, y fit trois tableaux, ouBoticelle, Do-minique Ghir-il repreſenta Pharaon englouti par les eaux de lalandai, l'Ab-bé de Saint mer Rouge, JESUS-CHRIST preschant sur leclement, Luc bord de la mer Tyberiade, & le me$me Sauveurde Cortone, &Pietre Peru- fai$ant la Cene avec $es Apo$tres.gin.Et parce que le Pape avoit proposé un prixpour celuy qui feroit le mieux, Ro$$elli qui n'e$toitni abondant en inventions, ni sçavant dans lede$$ein, pen$a qu'il devoit avoir recours à la beau-té des couleurs. Il chercha les plus vives, & em-ploya l'azur le plus excellent, qu'il rehauſſa en-core par l'éclat de l'or qu'il y mit, s'imaginantbien que le Pape qui n'e$toit pas a$$ez connoi$-$ant dans le de$$ein, ne jugeroit de $es ouvragesque par leur luſtre & la vivacité des couleurs. Cequi arriva en effet : car Sixte ayant fait découvrirles tableaux de sa Chapelle, ceux que le Roſſelliavoit faits le toucherent $i fort, que non $eule-ment il les e$tima incomparablement plus que lesautres, mais il obligea mesme les autres Peintres à
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