ET SUR LES OUVRAGES DES PEINTRES. 115à travailler à leur $alut. Il peignit de pieux Her-mites & de Saints Anacoretes ; les uns attachezà la lecture des ſaintes letrres ; les autres à la prie-re & à la contemplation ; & quelques-uns enco-re à travailler de leurs mains a de diférens ou-vrages, comme faisoient anciennement tous lesMoines.Parmi ces dévots Solitaires il representa com-me Saint Macaire fit voir à trois Rois qui al-loient à la cha$$e avec leurs mai$tre$$es, l'e$tatmi$erable de la vie humaine, en leur montrantles corps morts de trois autres Princes ; & l'ondit que le Peintre exprima $i bien les diférentesactions de ces Princes vivans qui regardoient cescadavres, qu'on voyoit sur leurs visages l'éton-nement & la $urpri$e que leur cau$oit un $pecta-cle $i affreux. Il repre$enta $ous la figure d'undes Rois cét Uguccion dont je vous ay parlé,lequel $e bouchoit le nez avec la main pour nepas $entir la puanteur de ces corps à demi pourris.Au milieu de ce tableau André peignit l'ima-ge de la Mort ve$tuë de noir. Elle tenoit une faux,& fai$oit voir par $on action comme elle venoitd'o$ter la vie à une in$inité de per$onnes de tou-te sorte d'âge, de sexe & de conditions, quie$toient repre$entez morts & étendus $ur la terre.Il y avoit des Anges & des Diables qui tiroientles ames de la bouche de ces corps ; & l'on voyoitque les uns portoient de ces Ames au Ciel, &que les autres en jettoient dans des gouffres de
ANDREORGAGNA.