SIMONMEMMI.
112II. ENTRETIEN SUR LES VIESpoſterité l'image de celuy qui dans ſes vers lerendoit immortel, ne voulut pas manquer de lemettre au nombre des plus grands hommes dece temps-là. Entre les tableaux que Simon fit dansl'Eglise de Santa Maria Novella, il y en avoit unde l'histoire de Saint Reinier de Pise, où il re-presenta le Diable dans une posture qui meritebien d'e$tre décrite, pour vous faire remarquerde quelle maniere les Peintres exprimoient alorsles passions. On y voyoit donc comme SaintReinier chassoit le Diable qui s'estoit presenté de-vant luy pour le tenter : & le Peintre, pour faireconnoi$tre la confu$ion & la honte du demon, lepeignit la teste baissée, les épaules hautes, & levisage couvert de ses mains ; & pensant expri-mer encore plus fortement la douleur interieurede cét E$prit de tenebres, il luy fit $ortir un rou-leau de la bouche, où estoit écrit, Ohi me ! nonposso più.En verité, dit alors Pymandre en riant, cesexpressions me font avoir une mauvaise opiniondes portraits de ce Simon ; & pour moy je croi-rois qua$i que pour bien connoi$tre les per$onnesqu'il vouloit repre$enter, il falloit que leur nomfust au bas, & qu'il écrivist, Celuy-là est BenoistXI. Celuy-cy est Petrarque, pour ne pas prendreMadame Laure pour le Pape, & Cimabué pourMadame Laure.Cette sorte d'écriteaux, luy repartis-je, estoitune coustume introduite de la sorte que je vousl'ay