ET SUR LES OUVRAGES DES PEINTRES. 97CIMABUE.portoit, & luy permirent de quitter l'étude desLettres pour apprendre cét Art, qui estant alorsencore fort imparfait, receût de luy peu detemps aprés plus de politesse & de perfection.C'est à dire, interrompit Pymandre, une perfe-ction un peu plus grande que celle de ces vieillespeintures gotiques qui ne $ont con$iderables quepar leur antiquité. Mais comme alors tout lemonde estoit assez ignorant en cét Art, je croyqu'il n'estoit pas difficile à Cimabué de s'y faireadmirer.Je repartis à cela : Quoy-qu'il n'ait pas mis laPeinture au point où elle e$t parvenuë depuis,il a eû la gloire néanmoins de l'avoir commeretirée du tombeau ; & les ouvrages qu'il fitpaurent si admirables en comparaison des au-tres qu'on voyait en ce temps-là, qu'ayant peintune Vierge pour mettre dans l'Eglise de Santa Ma-ria Novella de Florence, tout le peuple fut pren-dre ce tableau chez luy, & avec une joye extra-ordinaire le porta en pompe au bruit des trom-pettes juſqu'au lieu où il devoit e$tre poſé.C'estoit en ce temps-là que Charles d'AnjouFrere de S. Louïs, aprés avoir esté couronné Royde Sicile & de Jerusalem par le Pape Clement IV.& avoir défait Manfroy à Benevent, alla enToscane où il favorisoit le parti des Guelfescontre les Gibelins. Comme il pa$$a à Florence,les Magistrats crurent ne le pouvoir mieux régaler que de luy faire voir les tableaux de Cima-NI. Tome.
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