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Tom. 1 (1685)
Entstehung
Seite
86
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II. ENTRETIEN SUR LES VIES86nulle vigueur, & qui ne paroi$$oient plus que com-me de vains fanto$mes. Car bien que depuis lesCimabué & les Giotti, la Peinture eust donnéquelques petits $ignes de vie, & montré quelquesfoibles desirs de s'accroistre, son abbatementnéanmoins estoit si grand, qu'elle n'avoit pas be-soin pour se fortifier, comme elle a fait, d'unmoindre $ecours que celuy qu'elle a receû de cesdeux hommes célebres, j'entens Raphael & Mi-chel Ange.Quant à Michel Ange, repliqua Pymandre,on dit que dans l'Architecture & dans la Sculptu-re qu'il a $i parfaitement pratiquées, il tiroit quel-ques secours du reste de ces bastimens antiques,& de tant de ſtatues que le temps n'a pas entie-rement ruinées. Mais pour Raphael, je croy qu'onne doit qu'à l'excellence de son genie la beauté& la perfection de ses peintures, puisque de sontemps l'on ne voyoit plus rien de peint qui fustni au$$i beau ni au$$i parfait que ce qu'il nous alaissé.Il n'a regardé, luy dis-je, les ouvrages de cesMai$tres que pour les ſurpaſſer ; & pou$$é d'unegénéreuse ambition, il n'a voulu estre disciple quede la belle nature & de ces grandes idées dont$on imagination e$toit remplie, & que Platon dite$tre le plus parfait original des belles cho$es.L'on aſſeure pourtant, interrompit Pymandre,qu'il n'a pas méprisé les ouvrages des anciensSculpteurs ; qu'il a imité $ans $crupule cette gran-