APPIIII.
I. ENTRETIEN SUR LES VIES64Si Venerem Coïs numquam pinxisset Apelles,Mersa sub aequoreis illa lateret aquis.Ce n'eſt pas de ce tableau-là, repliquay-je,dont Ovide entend parler ; mais c'e$t d'une autreVenus qu'Appelle avoit commencée pour les ha-bitans de Coos, qui, à ce qu'on dit, ſurpaſſoitde beaucoup la premiere, tant dans la force dudessein, que dans la beauté du coloris. Mais lamort de cét homme incomparable fut cauſe quecét Ouvrage demeura imparfait, qui néanmoinsse trouva si excellent, que nul ne fut jamais assezhardi pour entreprendre d'achever ce qui en re$-toit à faire.Entre les tableaux dont Rome faiſoit le plusde montre dans ses lieux publics & dans ses tem-ples, aprés s'estre enrichie des dépouïlles des au-tres nations, ceux d'Appelle tenoient toûjoursle premier rang ; & vous aurez peut-estre remar-que que l'Empereur Auguste avoit une estimetoute particuliere pour deux tableaux que ce Pein-tre avoit faits. Dans l'un il avoit representé Cas-tor & Pollux, l'image d'une Victoire, & le por-trait d'Alexandre ; & dans l'autre il avoit peintce grand Monarque comme triomphant du Dieude la Guerre, qui ayant les mains liées derrierele dos ſuivoit le char de ſon Triomphe. Il mesouvient d'avoir leû en quelque endroit que l'Em-pereur Claude fit effacer de ce tableau le vi$aged'Alexandre pour y mettre celuy d'Auguste. Onvoyoit encore dans le Temple d'Antoine uneimage