ET SUR LES OUVRAGES DES PEINTRES. 15que de la rai$on, elles doivent changer autant defois que la raison le veut.Il faut outre cela que celuy qui entreprend degrands ouvrages $oit doûé d'une infinité de bel-les connoissances, s'il prétend meriter par-là l'es-time & l'admiration de tout le monde. C'estpourquoy Pythius qui baſtit à Pryenne ce templefameux de Minerve, vouloit qu'un Architecteeu$t de tous les arts une $cience au$$i parfaite queceux mesmes qui ne font profession que d'unseul art.Il e$t certain, dît Pymandre, que dans ces $or-tes de travaux, comme dans tous les autres, ony connoist toûjours le genie de l'Auteur; & l'onvoit bien mesme s'il a excellé en quelque par-tie, ou s'il y en a d'autres qu'il ait entierementignorées.Un Architecte, luy repartis-je, qui veut rendreun ba$timent parfait, doit, ce me semble, avoirdeux principales fins dans tout son ouvrage. Lapremière eſt d'achever cét ouvrage ſelon l'inten-tion de celuy qui fait ba$tir ; & l'autre, de l'ac-complir dans cette beauté & cette perfection queluy en$eignent la rai$on & les regles de $on art.Or il e$t vray qu'il ne peut parvenir à cette per-fection & à cette beauté, s'il ne garde un ordre& une di$po$ition dans ce qui concerne la quan-tité & la qualité des parties qui doivent compo-ſer tout ſon ouvrage.Et parce qu'on n'en doit jamais entreprendre
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